Vers une aquaculture sans poisson

Le 06 juin 2016 par Romain Loury
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Tilapia du Nil
Tilapia du Nil

Face à la surpêche, l’aquaculture est loin d’être une solution miracle, ses élevages étant eux-mêmes nourris par des poissons pêchés en mer. Or il semble possible de les alimenter intégralement avec des microalgues marines, sans perte de productivité ou de qualité nutritionnelle, révèle une étude américaine publiée dans la revue PLoS ONE.

Depuis 2013, l’aquaculture a doublé la pêche comme source de poisson consommé à travers le monde. Elle est souvent présentée comme une solution à la surpêche, parfois un peu rapidement: les poissons y sont eux-mêmes nourris avec des poissons pêchés en mer (pêche «minotière»), de manière encore moins contrôlée qu’avec la pêche classique.

Comment résoudre ce dilemme environnemental? Par d’autres sources de protéines et de lipides, par exemple végétales. Les résultats s’avèrent toutefois mitigés, avec une moindre croissance des poissons, une altération de leurs qualités nutritionnelles, et au final une moindre productivité.

L’équipe de Maria Coley, du Dartmouth College de Hanover (New Hampshire), a quant à elle testé des microalgues d’origine marine, élevées en bassin, du genre Schizochytrium. Les chercheurs les ont administrées sous forme séchée à des tilapias, deuxième espèce de poisson d’élevage à travers le monde après le saumon. Après 12 semaines de ce régime de substitution, les résultats s’avèrent très prometteurs.

Même croissance, meilleur profil nutritionnel

Par rapport à des tilapias nourris de manière standard, ceux alimentés exclusivement de ces algues présentent une taille similaire, les mêmes taux de croissance et de survie. Ce type de nourriture semble même plus nutritif, avec un meilleur taux de conversion alimentaire, qui mesure la prise de nourriture en fonction de la prise de poids. Ces poissons présentent même de meilleurs taux d’acides gras de type oméga-3, favorables d’un point de vue cardiovasculaire, du fait de la teneur élevée de ces lipides dans les microalgues.

Pour les chercheurs, l’écueil majeur réside dans le coût élevé de la production de microalgues, un problème qui pourrait être résolu en les fertilisant directement avec les effluents de l’élevage aquacole. Les coûts pourraient par ailleurs fortement diminuer dans l’avenir, les algues constituant aussi une piste de recherche dans les biocarburants et dans l’alimentation nutraceutique –des aliments ayant un intérêt médical.



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