Vers un nouveau monde climatique?

Le 16 novembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Revendiquer n'est pas négocier.
Revendiquer n'est pas négocier.
VLDT

Plusieurs visions de la conduite de la COP 23 s’opposent. La tribunicienne des ONG et l’autre, plus politique, des techniciens. Exemples choisis.

 

Dans les milieux proches du président de la République français, le choix est vite fait. Tout ce qui est compatible avec la politique gouvernementale est rangé dans le ‘nouveau monde’. Le reste est irrémédiablement jeté aux oubliettes de ‘l’ancien monde’. Et si pareille frontière séparait activistes et professionnels, dans les négociations climatiques? Pas impossible. En cette fin de COP 23, les observateurs considèrent l’avancée des négociations au travers de deux prismes aux focales divergentes.

Avancées récentes

La nouvelle présidente de la Fondation pour l’homme et la nature (FNH) n’est pas des plus enthousiastes, malgré les récentes avancées de ces derniers jours: égalité des sexes, océan, pré-2020 etc. «Il y a peu de choses qui vont bien, dans cette COP. Le dialogue a été fluide, sans heurts notables. Que le président français annonce une contribution pour le budget du Giec[1] se substituant à celle des Etats-Unis: c’est une bonne nouvelle. De même que sa proposition de fixer un prix plancher du carbone à 30 euros la tonne», souligne Audrey Pulvar.

Considérations nationales et européennes

La successeure de Nicolas Hulot semble d’ailleurs faire passer les considérations européennes et hexagonales avant l’intérêt onusien. Et de revenir sur le décalage dans le temps de la réduction du parc nucléaire tricolore. Ou d’insister sur l’absence de volonté du président de la République de s’opposer à la ratification du traité de libre échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), malgré les promesses de révision du texte du candidat Emmanuel Macron.

Conférence compliquée

D’autres observateurs voient les choses différemment. Vétérane des tractations climatiques, Laurence Tubiana ne cache pas son enthousiasme à l’aune de l’avancée des discussions pendant cette COP 23. «En fait, raconte l’ancienne ambassadrice française au climat, il y a eu deux COP: une conférence des parties qui a un travail à conduire, sur les règles de mise en œuvre, la transparence, le dialogue 2018 et pré-2020: un paquet compliqué. Et une autre COP qui, pour la première fois depuis Paris, a été un moment de mélange complet entre gouvernements, entreprises, société civile. Cela devient la manière normale de travailler et c’est plus précis.»

Cristallisation des efforts

Pour la cheville ouvrière de la COP 21, cette cristallisation des efforts est l’un des produits de la sortie annoncée des Etats-Unis de l’Accord de Paris. Il est aussi le fruit d’une prise de conscience collective de la gravité des enjeux et du chemin qui reste à accomplir pour mettre en œuvre réellement l’accord conclu à Paris, il y a deux ans.

200 pages ou presque

Les premiers jets des règles d’application de l’Accord de Paris flirtent déjà avec les 200 pages. «Ce texte ne sera pas terminé à Bonn, ce qui se comprend », ajoute la cofondatrice de l’Iddri[2]. L’un des grands sujets du sommet climatique devait être la révision à la hausse des ambitions nationales. Sujet qui, comme souvent, pâtit des stratégies de négociation. Pour ne pas réduire leur capacité d’influer sur les résultats de la COP 2018, «les pays en développement ne feront aucune annonce en ce sens maintenant», estime-t-elle.

 

Question souvent abordée dans les travées du sommet: l’absence de leadership international. Plusieurs raisons à cela, explique Laurence Tubiana. Le manque d’intérêt de l’administration Trump pour le sujet. Désintérêt concrétisé par l’absence remarquée des deux chefs de la délégation américaine à Bonn. Mais le plus important n’est peut-être pas là. «Il faut se souvenir que Marrakech a été une COP difficile. La négociation s’est terminée quand la Chine a décidé de trouver un compromis», se souvient-elle. A Bonn, le premier émetteur mondial fait figure d’ours dans un magasin de porcelaine. Un plantigrade qui, seul, à le pouvoir de siffler la fin de la partie. Dans un sens ou dans l'autre.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

[2] Iddri: Institut du développement durable et des relations internationales

 



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