Vers la fin des amalgames dentaires au mercure…

Le 26 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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La France était le seul pays à s'opposer au remplacement des plombages au mercure
La France était le seul pays à s'opposer au remplacement des plombages au mercure

La Commission européenne serait-elle en train de se débarrasser du mercure présent dans nos «plombages» dentaires? Progressivement, mais sûrement, oui. La Commission avait commandé une étude à un cabinet spécialisé concernant les usages du métal lourd dans les amalgames dentaires, les piles et les batteries au sein de l'UE. Le rapport final a été publié début juillet. Il recommande l’élimination du mercure des amalgames d’ici 5 ans, et des batteries dans les 2 ans, une fois la législation adoptée.

Côté français, les positions ont également commencé à bouger fin juin. Et cela alors que des associations engagées contre l’utilisation du mercure et notamment «Non au mercure dentaire» et le réseau Environnement-santé (RSE) dénonçaient déjà en octobre dernier le fait que «plus de 17 tonnes de mercure dentaire sont placées chaque année dans la bouche des Français» (voir JDLE). La France était en effet jusqu’à présent le seul pays à s’opposer à l’arrêt des amalgames dans l’Union européenne, alors que cette solution a été préconisée par le groupe d’experts chargé de réfléchir à la révision de la stratégie communautaire.

Le coup de théâtre français a eu lieu fin juin. En réponse à l’étude réalisée par le cabinet Bio-intelligence service, les autorités sanitaires françaises -la Direction générale de la santé en fait- a donné son avis. Court-circuitant ainsi l’Agence nationale du médicament (Ansm), la DGS estimait le 22 Juin dernier que: «Compte tenu des préoccupations environnementales et des questions émergentes relatives aux conséquences de la multi-exposition et aux effets des faibles doses, et tenant compte des nouvelles données disponibles sur le marché », les autorités françaises « ne s'opposent pas à une suppression des amalgames au mercure dans le traitement de la maladie carieuse».

Reste que les plombages sans mercure sont légèrement plus onéreux que les amalgames. Des alternatives existent déjà en effet: il s’agit de matériaux composites, à base de résine composite, et du ciment verre.

La différence de prix était justement utilisée par l’Ansm (ancien Afssaps) pour justifier sa position, jusqu’ici opposée à l’abandon des plombages au mercure. L’agence française affirmait en effet que «les matériaux alternatifs à l'amalgame restent actuellement plus complexes et plus coûteux à mettre en œuvre avec une longévité moindre».

Or le rapport Bio-intelligence service montre que la différence de prix s’explique par le fait que le coût de la prise en charge des déchets et des effluents au mercure n’est pas pris en compte dans le prix de l’amalgame. Des spécialistes estiment quant à eux que cette prise en compte mettrait sur le même niveau de prix amalgames et solutions alternatives, voire rendraient les amalgames 15% plus chers que les composites.

 

 

 



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