Vers la disparition de Cyclamed?

Le 09 mai 2005 par Ludivine Hamy
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Les associations de consommateurs et de protection de l’environnement, appuyées par l’Association des maires de France (AMF), réclament la suppression de Cyclamed.

L'industrie pharmaceutique commercialise chaque année 170.000 tonnes de médicaments emballés, dont 68.400 tonnes d'emballages, pour environ 3 milliards de boîtes. Créé en 1992 pour permettre aux fabricants de produits pharmaceutiques de répondre à leurs obligations en matière d'élimination des déchets d'emballage, Cyclamed fait aujourd'hui l'objet d'une profonde remise en cause. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), publié en janvier, a notamment mis à jour un grand nombre de dysfonctionnements et proposé de «ne pas renouveler l'agrément de Cyclamed… et de mettre fin à ce dispositif.»

Réuni le 26 avril au sein de la commission consultative sur Cyclamed, un collectif d'associations (1) s'est clairement prononcé pour le remplacement du dispositif actuel par un nouveau système qui reposerait sur les collectivités locales, les emballages de médicaments étant intégrés dans le système régissant les déchets d'emballages ménagers. «Tout le monde sait que les trois quarts des emballages de médicaments terminent à la poubelle, avec le reste des déchets, souligne Léon-Christophe Etilé des Amis de la terre. Or, ces emballages ne sont pas soumis au régime d'Eco-emballages ou d'Adelphe et les collectivités ne sont donc pas indemnisées.» D'où l'idée de créer un nouveau dispositif intégré en amont à celui qui existe pour les déchets d'emballages ménagers. Problème: l'industrie pharmaceutique souhaite conserver Cyclamed, un système beaucoup moins coûteux en terme de cotisation que les dispositifs Eco-emballages et Adelphe. Elle opère donc un intense lobbying auprès des pouvoirs publics pour maintenir le statu quo.

L'autre revendication des associations concerne la récupération des médicaments non utilisés (MNU). La grande majorité des membres de la commission consultative propose que la collecte des MNU et des déchets d'activité de soins à risques infectieux (Dasri) soit effectuée par les pharmaciens d'officine, avec un financement du dispositif assuré par un éco-organisme dédié, éventuellement Cyclamed. «Cette mesure permettrait d'éviter les problèmes de sécurité sanitaire liés aux seringues et autres déchets piquants et coupants que l'on retrouve au milieu des déchets d'emballages», explique Léon-Christophe Etilé.

De son côté, Eco-emballages se déclare prêt à accueillir les déchets d'emballages de l'industrie pharmaceutique. «Les emballages des médicaments ne représentent qu'une très faible proportion par rapport aux 2,7 millions de tonnes d'emballages dont nous nous occupons chaque année, explique Bernard Hérodin, président d'Eco-emballages. Je suis convaincu que la distinction entre déchets d'emballages des médicaments et MNU permettra de clarifier la situation et de rendre le système plus performant.»

Les différents acteurs du dossier sont désormais dans l'attente d'une réponse des pouvoirs publics. Un groupe de travail interministériel, regroupant les ministères chargés de la santé et de l'environnement, devrait proposer des solutions pour sortir de la crise.

(1) Les Amis de la terre - Confédération générale du logement (CGL) - Consommation logement et cadre de Vie (CLCV) - Union nationale des associations familiales (UNAF) - UFC Que choisir - Agir pour l'environnement - France Nature Environnement - Mouvement national de lutte pour l'environnement (MNLE) ainsi que l'Association des maires de France (AMF)




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