Veolia, Areva et Auchan, lauréats 2013 des Prix Pinocchio

Le 19 novembre 2013 par Marine Jobert
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Le visuel de la mine d'Areva dans le Limousin.
Le visuel de la mine d'Areva dans le Limousin.
DR

 

Privatisation de l'eau en Inde pour Veolia. Ouverture d’un musée à la gloire des mines d'uranium pour Areva. Déni de responsabilité et refus d'indemnisation pour les victimes de l’effondrement des usines textiles du Rana Plaza au Bangladesh pour Auchan. Voilà les faits d’armes de ces trois multinationales qui leur valent de se voir remettre le prix Pinocchio 2013. Ce prix met sous les feux des projecteurs «des cas concrets de violations des droits sociaux et environnementaux par des multinationales», afin de «dénoncer le fossé entre les discours autour du ’développement durable‘ et les actes réels constatés sur le terrain». Cette 6e édition, organisée par l’association Les Amis de la terre, en partenariat avec le Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid) et Peuples solidaires/Action Aid France, a connu un succès auprès des internautes, puisque 41.000 votes ont été enregistrés (soit plus du double des années précédentes).

 

Veolia a reçu le prix Pinocchio dans la catégorie «Une pour tous, tout pour moi»[1] avec 39% des votes, pour son implication dans des projets de privatisation de l'eau en Inde, en particulier à Nagpur. «Alors que la multinationale se présente en héros apportant l'eau aux pauvres, sur le terrain, les échos sont bien différents: augmentation des tarifs, opacité des contrats de partenariat public-privé, retard des travaux, conflits avec les villageois et les élus locaux», dénoncent les ONG.

 

Dans la catégorie «Plus vert que vert»[2], Areva s’est vu adjuger le prix Pinocchio avec 59% des votes. «Il faut dire que la multinationale du nucléaire avait osé l'inimaginable: ouvrir ‘Urêka’, un musée à la gloire des mines d'uranium, et ce, sur le site d'anciennes mines du Limousin qui ont laissé un lourd passif environnemental et sanitaire», commentent les ONG.

 

Enfin, avec 50% des votes, le prix Pinocchio de la catégorie «Mains sales, poches pleines»[3] a été décerné à Auchan. «Le numéro 2 de la grande distribution en France refuse de reconnaître sa responsabilité et de participer à l'indemnisation des victimes de l’effondrement des usines textiles du Rana Plaza au Bangladesh, alors que des étiquettes de ses vêtements ont été retrouvées dans les décombres de cet accident qui a fait 1.133 morts et encore plus de blessés, essentiellement des femmes, rappellent les ONG. Auchan a admis qu’une partie de sa production y avait été sous-traitée de manière informelle et s’en dit victime. Or les entreprises donneuses d’ordre, comme Auchan, imposent à leurs fournisseurs des conditions intenables qui favorisent le phénomène de sous-traitance informelle», dénoncent-elles.

 

 


[1] prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en termes d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles. Les deux autres nominés étaient Total et la Société générale.

[2] prix décerné à l’entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles. Les deux autres nominés étaient BNP Paribas et Air France.

[3] prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus opaque au niveau financier (corruption, évasion fiscale, etc.), en termes de lobbying, ou dans sa chaîne d'approvisionnement. Les deux autres nominés étaient Alstom et Apple.

 



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