Vélo: le peuple des deux-roues n’est pas content

Le 05 décembre 2017 par Marine Jobert
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Des pistes séparées de la circulation auto seraient appréciées.
Des pistes séparées de la circulation auto seraient appréciées.

C’est une enquête d’une ampleur et d’une précision inédites que vient de dévoiler la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) sur la pratique, les difficultés et les attentes du peuple des deux-roues. Sécurité, relations aux véhicules à moteur, stationnement et aménagements cyclables. Les réponses sont sévères.

Parlons vélo. Il y avait manifestement un besoin de s’exprimer chez les cyclistes de France. Car en trois mois, le questionnaire mis en ligne par la FUB[1] a engrangé 113.009 réponses, soit une moisson inédite d’informations sur la pratique, les difficultés et les attentes du peuple des deux-roues. Sans prétendre à l’exhaustivité, les 35 réponses décrivent leurs perceptions en matière de sécurité, de relations aux véhicules à moteur, de stationnement ou d’aménagements cyclables. Et les critiques sont sévères.

Les personnes âgées et les enfants privés de vélo

La coexistence voitures/moto – vélo n’est pas un long fleuve tranquille: 80% des répondants (85% des répondantes) préfèreraient rouler sur une voie séparée du trafic motorisé. La faute à la vitesse excessive pour plus de la moitié, au manque de respect des conducteurs (74%) ou aux défaillances du réseau de pistes cyclables, dont les trois quarts estiment qu’il échoue à leur permettre «d’aller partout de façon rapide et directe». Conséquence directe: 90% estiment que les conditions actuelles ne permettent pas aux enfants ou aux personnes âgées de se déplacer à vélo en sécurité. Ce qui est dramatique, estime Olivier Schneider, le président de la FUB, puisque «l’activité physique relève du même enjeu de santé publique que celui du tabac».

200.000 arceaux en trois ans

Même si le vélo peut être, à tort, perçu «comme un enjeu local», la FUB demande «un engagement fort de l’Etat», avec le lancement d’un appel à projets financé pour des territoires-pilotes «100% cyclables». Y seraient notamment traitées les «coupures», ces fameux obstacles, naturels ou non (voies de chemin de fer, cours d’eau, périphériques, etc.), qui font que la part modale du vélo s’effondre dès que l’on s’éloigne du centre de la ville. «C’est vrai ailleurs aussi, mais c’est particulièrement fort en France», insiste Olivier Schneider. Idem pour le stationnement, une plaie pour ceux qui jouent la carte de l’intermodalité: seuls 20% des répondants trouvent qu’il est facile de stationner son vélo en sécurité près des gares ou stations de transports en commun. Un gâchis, note Olivier Schneider, puisque 85% de la population française vit dans un rayon de moins de 5 km d’un transport en commun. Autre frein: le vol, qui est redouté par 92% des répondants. La solution? Installer 200.000 places de stationnement en gare. Dans les trois ans. Partout en France.

Rendre inacceptables des comportements

Les rapports avec les quatre-roues ne sont pas tendres: 8% seulement des répondants s’estiment respectés par les conducteurs de véhicules motorisés. Et ceux-ci ont une fâcheuse tendance, selon 9 cyclistes sur 10, à confondre piste cyclable et places de stationnement. «Il faut rendre ces comportements inacceptables socialement», prône Olivier Schneider. Cours de vélo pour tout le monde dès la primaire, apprentissage du respect du piéton pendant la scolarité, information pendant les cours de conduite (de voiture) pour les plus grands et, si besoin, verbalisation. 135 euros l’amende pour s’être arrêté trois minutes sur la piste cyclable qui longe la boulangerie? De quoi mettre fin à l’impunité, considère le Strasbourgeois.

1ères annonces le 13 décembre

«Les Assises de la mobilité doivent être l’occasion d’assumer la rupture avec la politique du tout-voiture», plaide la FUB, qui espère que la prochaine loi sur les mobilités permettra «à tous de se déplacer à vélo confortablement et en sécurité», via un plan Vélo, «sincère et financé». Des réponses le 13 décembre, avec les premières annonces de la ministre des transports, Elisabeth Borne.



[1] Soit 300 associations (et antennes) de cyclistes urbains, 3 millions de cyclistes quotidiens et 17 millions d’usagers réguliers.

 



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