Véhiculés par les insectes, les microplastiques contaminent aussi l’air

Le 20 septembre 2018 par Stéphanie Senet
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Des microparticules de polystyrène ont été observées dans l'abdomen du moustique commun
Des microparticules de polystyrène ont été observées dans l'abdomen du moustique commun

Pour la première fois, une étude publiée le 19 septembre dans Biology Letters s’intéressant au devenir des microplastiques ingérés par un insecte démontre leur transfert des écosystèmes aquatiques aux terrestres.


Les écosystèmes d’eau douce sont habités par des insectes –libellules, éphémères, moucherons et moustiques– qui passent leur stade juvénile dans l’eau mais leur vie adulte sur terre. Une caractéristique qui fait d’eux d’excellents témoins des transferts existant entre les deux écosystèmes. C’est pourquoi des chercheurs des universités britanniques de Reading et de Belfast les ont choisis pour analyser le parcours de particules de plastiques.


Transfert de la larve au moustique adulte
Premier résultat: les microplastiques administrés dans les larves d’un insecte se retrouvent dans l’abdomen de l’adulte volant, en particulier dans le système d’excrétion rénale des tubes malphigiens. Une conclusion qu’ils ont obtenue en étudiant le devenir de billes de polystyrène fluorescentes de 2 et 15 micromètres au cours de la vie d’un moustique commun (Culex pipiens) de l’hémisphère Nord, qui traverse 4 phases larvaires et un stade de nymphe non nourricier avant de devenir un adulte volant.
Deuxième résultat: les microplastiques plus petits (2 ?m) sont présents en plus grand nombre chez l’adulte. Ils sont plus facilement ingérés par les larves, étant de la même taille que les algues qu’elles consomment habituellement.


Des moustiques à leurs prédateurs
Plus largement, cette étude montre que tout insecte d’eau douce, qui est capable d’ingérer une microparticule, représente un vecteur potentiel important de bactéries et de produits toxiques lorsqu’il migre vers des habitats terrestres et aériens. Il peut ainsi contaminer les animaux dont il est la proie, et en particulier les libellules, les araignées, les oiseaux et les chauves-souris.
«Si de nombreuses recherches se sont récemment focalisées sur la contamination des océans par les plastiques, nos travaux montrent que la pollution existe aussi dans l’air», conclut Amanda Callaghan, de l’université de Reading, qui a piloté l’étude. Une conclusion qui accroît de façon exponentielle l’étendue des dommages des microplastiques dans l’environnement.

 



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