Véhicule autonome: les Français sont dubitatifs

Le 20 mars 2018 par Marine Jobert
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Plus de pédales, plus de volant, mais plein de radars et de camérés.
Plus de pédales, plus de volant, mais plein de radars et de camérés.
General Motors

Quelles questions les futurs utilisateurs des véhicules autonomes se posent-ils? Un débat organisé dans 4 villes françaises livre quelques réponses, alors qu’une femme a été tuée aux Etats-Unis par une voiture sans chauffeur.

 

Elle s’appelait Elaine Herzberg. Elle avait 49 ans. C’est à Tampe (Arizona) que, traversant hors des clous un vélo à la main, elle a été renversée et tuée par un véhicule autonome d’Uber, ce qui fait d’elle la première victime officielle d’un véhicule sans conducteur. Quand des milliers de voitures de ce type circulent déjà sur les routes américaines, quand des milliards sont investis aux quatre coins du globe pour coiffer au poteau la concurrence, cette nouvelle technologie va-t-elle connaître un coup de frein ou un simple coup de flippe? L’avenir et la réglementation le diront.

Anne Hidalgo a commandé une étude sur la faisabilité d’étendre à tous la gratuité des transports en commun à Paris. Existe-t-il un modèle économique viable? «Rien ne dit aujourd'hui que c’est possible», admet la maire de la capitale, qui veut nourrir sa réflexion avec des exemples étrangers et nationaux. Par ailleurs, elle a annoncé avoir négocié avec les concessionnaires des places de parking-relais à un tarif privilégié de 75 euros par mois (contre 150) pour les automobilistes entrant dans Paris.

 

Et peut-être aussi l’attitude des automobilistes? Ces derniers ont été invités à s’exprimer lors du premier débat citoyen sur le sujet, organisé fin janvier par le Forum Vies mobiles, pour le compte de Rennes Métropole, Toulouse Métropole, la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise et la communauté d’agglomération Sophia Antipolis. «Nous voulions organiser un débat citoyen avant que les véhicules autonomes ne soient dans les rues», explique Sylvie Landriève, la directrice du groupe de réflexion (think tank) de la SNCF. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une certaine circonspection était de mise dans les rangs des quelque 370 personnes qui ont phosphoré pendant une journée sur le sujet.

Augmenter les déplacements

«Alors que les industriels vendent le véhicule autonome comme LA révolution de l’après-internet, les citoyens sont beaucoup plus dubitatifs, quasiment dans le doute philosophique», a constaté Sylvie Landriève. Leurs principales aspirations? Permettre aux gens éloignés des déplacements d’accéder enfin à la mobilité. Ne pas ajouter des véhicules à un trafic déjà chargé. «Ils sont soucieux d’une société inclusive, sans augmenter les inégalités.»

Quelques chiffres

43% des participants au débat se sont dit prêts à renoncer à la conduite, 40% renonceraient à posséder leur propre véhicule, 36% ont affirmé qu’ils pratiqueraient davantage le covoiturage et 61% considèrent que l’Etat doit garantir un cadre politique pour que le véhicule autonome profite à tous de manière équitable.

Pas prêts à tout gober

La pollution de l’air, le bruit, l’énergie, les ressources, les déchets… Toutes ces «externalités négatives» associées tant aux moteurs thermiques avec pilote qu’aux électriques sans chauffeur ne semblent pas les avoir passionnés. «Sur ce plan-là, il y a de la pédagogie à faire pour que la technologie ne capte pas le futur», estime Sylvie Landriève. En clair, que le grand public ne soit pas matraqué par un discours technophile rassurant qui prêterait aux véhicules autonomes toutes les vertus. «Les gens ne sont pas prêts à gober tout cru les promesses technologiques», assure-t-elle.

D’autres débats sur le même thème sont à venir dans plusieurs pays européens, sous la houlette de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), qui se présente comme «un organe européen indépendant sis à Budapest qui renforce la capacité d’innovation de l’Europe».

 

162 kilomètres séparent Paris d’Amiens, villes qui seront reliées dès le mois prochain par un aller-retour en car électrique Made in China. Une première mondiale assure l’autocariste Flixbus, qui s’est allié au Français B.E. Green. «Nous démontrons que le car est en première ligne pour penser le transport de demain, notamment dans les agglomérations», estime Yves Lefranc-Morin, le directeur général de Flixbus France.


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