Vegan: sacré meilleur régime pour le climat et la santé

Le 22 mars 2016 par Romain Loury
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Le Terrien consomme 56% trop de viande
Le Terrien consomme 56% trop de viande

Comment réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’alimentation, tout en améliorant la santé mondiale? Tout simplement en mangeant moins de viande, mais plus de fruits et légumes, selon une étude britannique publiée lundi 21 mars dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Plus d’un quart des émissions de GES s’expliquent par notre alimentation, dont 80% par la viande. La facture pourrait encore s’alourdir, avec l’occidentalisation du régime alimentaire dans les pays émergents. Or en plus d’être nocif pour le climat, le régime occidental (hypercalorique, riche en viandes, pauvre en fruits et légumes), est mauvais pour la santé, favorisant cancers, diabète et maladies cardiovasculaires.

Dans la première étude de ce genre, Marco Springmann, de l’université d’Oxford, et ses collègues ont chiffré les bénéfices, en termes d’émissions et de santé, d’alimentations alternatives, au niveau mondial et par zones géographiques. Ils les ont comparées au régime standard, à savoir les projections de consommation mondiale prévues par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en fonction du développement et de la démographie.

Les chercheurs ont analysé trois régimes: le premier respectant les recommandations nutritionnelles (entre 2.200 et 2.300 kcal/jour, cinq portions quotidiennes de fruits et légumes, au maximum 43 g de viande rouge/jour), le deuxième de type végétarien (mêmes apports caloriques, six fruits et légumes, ni viande ni poisson), le troisième de type végétalien (mêmes apports caloriques, sept fruits et légumes, sans protéines animales, dont les œufs et le lait).

Moins de viande, moins de GES

Avec le régime standard, les émissions de GES liées à l’alimentation devraient atteindre 11,4 milliards de tonnes équivalent CO2 (Gt eq.CO2) en 2050, soit 51% de plus qu’en 2005-07. Or le respect universel des recommandations nutritionnelles, un vœu pieux, devrait déjà améliorer la situation, avec une hausse de seulement 7% des émissions. La palme revient aux régimes végétariens et végétaliens, avec une baisse de 45% et 55% par rapport au niveau de 2005-07.

Par rapport à une trajectoire (optimiste) à +2°C, l’alimentation devrait ainsi constituer 52% de l’ensemble des GES en 2050 pour le régime de référence, contre 39% avec celui suivant les recommandations nutritionnelles, 19% avec le régime végétarien et 15% avec le régime végétalien.

Du fait d’une plus grande consommation de viande, les effets par tête seraient plus marqués dans les pays industrialisés, d’un facteur deux par rapport aux pays en développement. Plus peuplés, ces derniers obtiendraient tout de même une plus forte baisse, dans l’absolu: pour le régime «nutritionnellement correct», 55% de la diminution mondiale des émissions d’origine alimentaire proviendrait de l’Asie de l’est, en particulier la Chine.

Des millions de morts en moins

Du côté sanitaire, le suivi des recommandations nutritionnelles sauverait 5,3 millions de vies par an, contre 7,3 millions avec le régime végétarien et 8,1 millions avec le régime végétalien. Ces bénéfices toucheraient en premier lieu l’infarctus (entre 45% et 47% des décès évités), puis les accidents vasculaires cérébraux (AVC, 26%), les cancers (entre 16% et 18%) et le diabète (entre 10% et 12%).

Comme pour les émissions de GES, l’immense majorité des morts évitées sont dans les pays en développement, surtout en Asie, mais les bénéfices par tête sont plus élevés dans les pays industrialisés.

Selon le type d’aliments, l’effet diffère d’un continent à l’autre: une moindre consommation de viande serait surtout bénéfique en Asie de l’est, dans les pays occidentaux et en Amérique latine, tandis qu’une consommation accrue de fruits et légumes serait très profitable en Asie du sud et en Afrique subsaharienne.

Le Terrien moyen mange mal

L’humanité est, dans son ensemble, très éloignée des recommandations nutritionnelles. Elle devrait consommer 25% de fruits et légumes, manger 56% moins de viande et réduire ses apports caloriques de 15%. Les disparités sont évidemment très grandes d’un pays à l’autre: parmi les pays les plus pauvres, 28 verraient même leurs émissions de GES augmenter s’ils respectaient les conseils nutritionnels.

Effet boomerang de nos émissions, d’origine alimentaire ou non, le réchauffement risque de diminuer les rendements agricoles, et aura des effets délétères sur notre alimentation, comme l’a révélé une récente étude publiée par la même équipe: selon un scénario tendanciel RCP8.5, les apports caloriques pourraient diminuer en moyenne de 3% d’ici 2050, tandis que l’offre en fruits et légumes devrait chuter de 4%.



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