Varsovie veut être le cauchemar de Gazprom

Le 28 avril 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Pologne rêve de devenir un nouvel eldorado énergétique grâce à de gigantesques gisements de gaz de schiste qui, s'ils étaient confirmés, pourraient la rendre indépendante des livraisons russes et en faire une grande puissance gazière en Europe.

Si les premières estimations se confirment, ce sera une révolution comme celle de Norvège ou de Grande-Bretagne après la découverte du gaz en mer du Nord, déclare à l’AFP Piotr Krzywiec, géologue de l'Institut national de géologie.

Pawel Poprawa, son collègue de l'Institut national de géologie PIG, estime également que la Pologne pourrait devenir un pays gazier autonome pour les 100, 200, voire 300 prochaines années.
La Russie perdrait ainsi son statut de principal fournisseur de la Pologne. C'est le cauchemar de Gazprom, titrait récemment Newsweek dans son édition polonaise.

Actuellement, ce pays de 38 millions d'habitants couvre 30% de ses besoins en gaz avec ses propres ressources, mais plus de 40% sont importés de Russie, le reste provenant d'autres pays.

La nouvelle donne pourrait transformer le paysage gazier en Europe, à l'instar de ce qui s'est passé au niveau mondial après la découverte d'importants gisements aux Etats-Unis.

Les gisements de gaz de schiste de Pologne atteindraient 5.300 milliards de mètres cubes, selon un rapport de l'Agence américaine d'Information énergétiques publié au début du mois. Ces gisements traversent le pays en diagonale, sur près de 650 kilomètres, depuis la côte baltique dans le nord jusqu'au sud-est.

Depuis environ deux ans, les grandes compagnies gazières mondiales affluent en Pologne pour explorer le sol.
Près de 90 licences ont déjà été délivrées et le Premier ministre Donald Tusk s'est récemment déclaré déterminé à ce que les recherches et l'exploitation des gaz de schiste aboutissent.
«Si possible, il faut exploiter tout mètre cube de (ce) gaz», a-t-il assuré, insistant cependant sur la nécessité de respecter l'environnement.

Car la protection de l'environnement reste le principal frein au développement de l'exploitation des gaz de schiste qui se fait par fracturation hydraulique, en injectant de grandes quantités d'eau et de produits chimiques dans les sous-sols, au risque de polluer les nappes phréatiques.
Faute de rapports et d'études locales fiables, les écologistes polonais sont sur la réserve.
«En ce qui concerne les gaz de schiste, nous recommandons la prudence», déclare à l'AFP Jacek Winiarski, porte-parole de Greenpeace Pologne. «Les expériences américaines montrent que les méthodes actuelles d'extraction de gaz de schiste sont destructrices pour l'environnement.

En Pologne, contrairement aux Etats-Unis, les gisements sont enfouis très profondément, ce qui pourrait limiter le risque de pollution des nappes phréatiques.

Les forages en Pologne ne font que commencer, les premières estimations seront connues début 2012, mais les ressources ne seront évaluées précisément que dans deux ou trois ans, selon les experts.


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