Vallée du Tescou: le projet de territoire repart du bon pied

Le 10 septembre 2019 par Stéphanie Senet
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Quels besoins en eau et quelles ressources dans la vallée du Tescou ?
Quels besoins en eau et quelles ressources dans la vallée du Tescou ?

 

 

Une fois n’est pas coutume, un consensus a été trouvé, le 9 septembre au soir, entre les agriculteurs et les associations environnementales, pour réaliser une étude évaluant les besoins en eau dans la vallée du Tescou (Tarn). Une condition sine qua non avant d’envisager tout nouveau projet d’alimentation.

Le bon sens a repris les devants. Plutôt que de débattre la capacité et de la localisation d’une nouvelle retenue dans la vallée du Tescou, là même où le barrage de Sivens avait causé la mort du militant Rémi Fraisse avant d’être abandonné en 2015, l’instance de co-construction (ICC) s’est posée la bonne question: quels sont les besoins en eau des différentes activités ?

Une étude dans les deux mois

Ses 51 membres, élus locaux, agriculteurs et représentants d’associations environnementales, ont convenu de réaliser une étude sur les besoins en eau, en collaboration avec l’Agence de l’eau Adour-Garonne, dans un délai de deux mois. «C’est une décision historique», a salué Marylin Lherm, maire de Lisle-sur-Tarn et co-présidente de l’ICC.

Même satisfaction au conseil régional, où le vice-président Guillaume Cros (EELV) souligne «un bon compromis même s’il faudra rester vigilant sur le cahier des charges précis de l’étude». Pour le conseil départemental du Tarn, «on est dans l’esprit d’une co-construction, dans un climat apaisé», selon son vice-président en charge de l’agriculture Didier Houlès. «On n’avait encore jamais parlé des besoins, toujours des solutions. C’est une marche importante», affirme de son côté Françoise Blandel, représentante de l’Union de protection Nature et Environnement du Tarn (UPNET).

Un « ouvrage » en-dehors de la zone humide

Deuxième consensus: un schéma d’organisation de la ressource en eau va être élaboré, en vue de créer «un ouvrage dans la haute-vallée du Tescou». Plus question de détruire la zone humide de Sivens ni de construire un barrage pharaonique. Les associations environnementales plaident pour une capacité réduite à 300.000 mètres cubes (contre 1,5 million de m3 dans le projet initial de barrage). Ce schéma d’organisation devra aussi envisager l’évolution de retenues existantes. «Il existe 220 retenues collinaires construites par des agriculteurs dans le bassin versant du Tescou, financées par l’Etat, et qui peuvent stocker jusqu’à 5 millions de mètres cubes d’eau. Certaines n’étant pas utilisées, elles pourraient être mises à contribution», explique Françoise Blandel. Enfin, l’optimisation d’une retenue de 900.000 mètres cubes, située en amont du Tescou, sera aussi mise à l’étude. Petit détail : le travail prospectif sur l’évolution possible des cultures agricoles –surtout du maïs, du colza et du soja aujourd’hui- n’est pas prévue dans la résolution adoptée le 9 septembre. Un sujet polémique mais incontournable pour s’adapter au réchauffement climatique.

Le projet de territoire, une longue histoire

Pour mémoire, le feu vert à de nouvelles retenues de substitution avait été donné en 2013 par Philippe Martin, alors ministre de l’écologie, à la condition d’élaborer un projet de territoire associant tous les usagers de l’eau. Ces projets ont été relancés en juin 2015 par la ministre Ségolène Royal puis par une circulaire du 7 mai dernier, faisant suite au rapport Bisch de septembre 2018.

 

 

 

 



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