Valérie Pécresse esquisse une politique énergétique francilienne

Le 07 juin 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Valérie Pécresse veut dénucléariser une région sans centrale nucléaire.
Valérie Pécresse veut dénucléariser une région sans centrale nucléaire.
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La région capitale ne devra plus consommer que des énergies renouvelables d’ici 2050. Le chemin pour atteindre cette décarbonation de la région capitale reste encore tortueux.

 

La plus riche des régions françaises n’a jamais été très encline à s’occuper de son énergie. Et cela se voit. Si elle abrite un Français sur 5, elle consomme en revanche le quart de l’énergie du pays. Et 90% de ces térawattheures (TWh) sont importés. «Nous sommes une région très dépendante, pas sobre, avec un mix qui s’appuie essentiellement sur les énergies fossiles et l’énergie nucléaire», résume Valérie Pécresse, présidente (LR), du Conseil régional.

Un territoire qui, faute d’efforts, «n’atteindra pas les objectifs fixés dans le schéma régional Climat», se désole Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président (UDI) en charge de l’écologie et du développement durable. Heureusement, la patronne de la région capitale a un plan pour inscrire «le dernier de la classe» au tableau d’honneur.

S’inscrivant dans les traces du plan Climat gouvernemental, la cheffe de l’exécutif régional a fait le choix «d’un scénario de rupture». A l’horizon 2050, l’Ile-de-France «devra tendre» vers le tout renouvelable et le zéro carbone. Comment s’y prendre?

Deux étapes

En avançant prudemment, en se fixant une étape préliminaire, à 2030. Pour cette année-là, la région entend réduire de 20% sa consommation d’énergie (par rapport à l’année de référence 2015) et doubler (ce qui n’est pas très difficile) sa production locale d’énergies renouvelables.

Vingt ans plus tard, les objectifs sont revus à la hausse: -40% de consommation et quadruplement de la production d’énergies vertes régionales, toujours par rapport à 2015. Cette production en circuit court ne suffira pas: la région devra toujours importer la moitié de son énergie, verte, cela va de soi.

flottes captives

Quels leviers actionner? Progressivement, les exploitants de flottes de transports publics (RATP, par exemple) devront s’équiper de véhicules peu ou pas émetteurs: GNV, électriques, voire à hydrogène. L’autorité organisatrice de transports, Ile-de-France Mobilités, sera mise à contribution. TPE et PME pourront prétendre à des aides régionales pour renouveler leurs utilitaires.

Une autre COP régionale. A l’instar de la Bretagne, l’Ile-de-France va ouvrir, l’an prochain, sa conférence Energie Climat. Annuel, ce rendez-vous sera l’occasion de faire le point sur l’avancée de la politique régionale et d’échanger des bonnes pratiques.

Avec ces crédits de soutien à la recherche, l’Ile-de-France financera la mise au point d’avions hybrides. Parallèlement, elle lancera prochainement des appels à projets sur la géothermie profonde et superficielle, l’exploitation de la chaleur fatale (usines d’incinération d’ordures ménagères -UIOM- et data centers), le solaire photovoltaïque[1], la méthanisation (en Seine-et-Marne, principalement), l’hydrogène et la micro hydroélectricité.

financement participatif

Les agriculteurs qui voudront investir dans la méthanisation (laquelle pourrait produire du GNV vert) ou le photovoltaïque seront ‘accompagnés’. Les citoyens ne sont pas oubliés. Alors que les Parisiens viennent de voter sur le plan Climat, les Franciliens seront incités à participer au financement, participatif, de 100 projets d’énergies renouvelables, du photovoltaïque pour l’autoconsommation, principalement. Un cadastre solaire devrait prochainement être publié pour définir les zones les plus propices à l’implantation d’installations solaires, de préférence en toiture.

Grosse consommatrice d’énergie, la région achètera, pour ses besoins propres, des énergies d’origine renouvelable, de l’aveu de Jean-Philippe Dugoin-Clément. Rebaptisée Ile-de-France Energie, l’ex-SEM énergies Positif sera chargée d’aider les copropriétés à rénovaer leurs immeubles.

Cohérent, ce programme reste insuffisant pour atteindre les objectifs fixés, Valérie Pécresse ne s’en cache pas: devant l’impossibilité d’accroître ses dépenses de fonctionnement, la région n’investira pas plus de 150 millions d’euros dans sa politique énergétique d’ici la fin de la mandature.

quelle dénucléarisation?

Le salut passe donc par des mesures pour lesquelles la région ne dispose d’aucun levier: interdiction des véhicules diesel (2030) et à motorisation thermique (2040), régionalisation du tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque, reversement aux communes-hôtes d’une part conséquente de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (Ifer), écotaxe poids lourds pour les camions en transit, doublement du fonds Chaleur de l’Ademe[2], bonus-malus sur les taxes foncières et les droits de mutation sous critère de performance énergétique.

Le pompon étant sans doute l’appel à la sortie du nucléaire d’une région qui ne compte aucune centrale atomique. Interrogé par Le JDLE, Valérie Pécresse explique qu’elle s’opposera à l’implantation de tout projet électronucléaire sur le territoire régional. Une idée qui n’a jamais effleuré EDF.



[1] A l’horizon 2030, le productible PV potentiel est estimé à 6 TWh/an: 60 fois plus qu’aujourd’hui.

[2] Ademe: Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

 



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