Vache folle: un Britannique sur 2.000 porteur de l’agent de la maladie

Le 16 octobre 2013 par Romain Loury
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En noir, les "trous" creusés dans les tissus infectés par le prion.
En noir, les "trous" creusés dans les tissus infectés par le prion.
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Un Britannique sur 2.000 serait porteur de l’agent responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, forme humaine de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, ou maladie de la vache folle), révèle une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ).

Depuis 1995, 177 personnes ont contracté la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) au Royaume-Uni, selon le dernier bilan en date. Ailleurs que dans ce pays, on a recensé 51 cas, dont 27 en France, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). Des cas liés à la consommation de viande bovine contaminée par du prion ESB, entre la fin des années 1980 et le début des années 1990.

Il s’avère toutefois difficile de prévoir l’évolution de la maladie, bien qu’elle semble fortement ralentir depuis plusieurs années, tendance observée en France comme au Royaume-Uni: dans ce dernier pays, le pic de nouveaux cas humains est survenu en 2000, avec 28 personnes malades. Et si le dernier cas a été recensé en 2013, aucun ne l’avait été depuis 2011.

Si toutes les incertitudes ne sont pas levées quant à l’avenir, il s’agit déjà de savoir combien de personnes sont porteuses du prion anormal, agent de la maladie. C’est ce que vient de faire l’équipe de Sebastian Brandner, de l’Institut de neurologie de l’University City of London (UCL), en analysant un total de 32.441 appendices vermiculaires (à l’origine des fameuses appendicites) retirés depuis 2000 dans des hôpitaux britanniques.

493 porteurs par million d’habitants

Les chercheurs en ont trouvé 16 positifs pour la protéine prion anormale, soit une prévalence de 493 par million d’habitants, ou environ une personne sur 2.000. Ce taux était plus élevé chez les personnes nées dans la période 1941-1960 (733 par million d’habitants) que chez celles nées entre 1961 et 1985 (412 par million d’habitants), mais la différence n’était pas significative d’un point de vue statistique. De même, aucune différence majeure n’a été mise en évidence selon le sexe ou la région.

Au-delà du risque, encore incertain, qu’ont ces personnes porteuses de développer la maladie, se pose celui d’une éventuelle transmission à d’autres personnes par transfusion sanguine ou via des instruments chirurgicaux contaminés. Une menace prise en compte par les autorités sanitaires, qui «ont pris toutes les précautions» (traitement du sang, exclusion de certains donneurs, etc.) pour empêcher de telles transmissions, selon un communiqué publié par le BMJ.

 



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