Vache folle: les animaux sains bientôt exemptés du test

Le 19 décembre 2012 par Romain Loury
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3 cas d'ESB ont été diagnostiqués, en France, en 2011.
3 cas d'ESB ont été diagnostiqués, en France, en 2011.

Le système européen de dépistage de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) devrait encore être allégé fin mars 2013, avec une exemption de test pour tout animal abattu dans des conditions normales.

Fondement du système européen de dépistage de l’ESB, le règlement n°999/2001 prévoyait un dépistage de l’ESB sur toutes les carcasses d’animaux sains âgés de plus de 30 mois, et sur celles d’animaux considérés à risque (abattage d’urgence, signes de maladie, etc.) de plus de 24 mois.

Depuis ce texte, le nombre de cas d’ESB n’a cessé de diminuer en Europe. A menace décroissante, dépistage allégé: depuis 2009, la Commission européenne a progressivement ramené cet âge à 48 mois pour les animaux à risque, à 72 mois pour ceux considérés sains. Seuls 5 pays (Bulgarie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie) restent soumis au règlement initial.

Ce dispositif devrait encore être desserré pour tous les pays de l’UE, à l’exception de la Bulgarie et la, Roumanie qui resteront au même régime: les animaux sains seront désormais exceptés du dépistage de l’ESB, celui-ci ne restant en vigueur que pour ceux à risque âgés de plus 48 mois.

Cette mesure, approuvée le 12 décembre par le Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (CPCASA), pourrait entrer en vigueur fin mars 2013, indique la Commission européenne dans un communiqué. Le CPCASA s’appuie sur un rapport publié en octobre par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). «La performance d’un système ne testant que les animaux à risque reste plus de 50 fois supérieur aux standards internationaux établis par l’Organisation mondiale de la santé animale [OIE]», résume la Commission.

Vrai lorsqu’on s’intéresse aux Etats membres de l’UE (Bulgarie et Roumanie exclues) pris dans leur globalité, un peu moins lorsqu’on les considère au niveau individuel. Selon les calculs de l’Efsa, un système exemptant les animaux sains du dépistage permettrait de détecter 1 cas d’ESB sur 5,4 millions d’animaux dans les 25 Etats membres de l’UE -contre 7,2 millions avec le système actuel.

En cela, la Commission a raison: la performance resterait «plus de 50 fois supérieure» au standard de l’OIE, qui fixe son seuil à 1 cas détecté pour 100.000 animaux, avec un degré de confiance de 95%. Dans le détail, seuls 8 Etats membres de l’UE dépasseraient encore ce seuil s’ils exemptaient les animaux sains du test: l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Irlande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Pour 5 autres pays, il n’est atteint qu’en continuant à dépister une fraction des animaux sains de plus de 72 mois; 12 autres pays, généralement de petite taille, ne l’atteignent même pas avec le système actuel. De même, écarter les animaux sains du dépistage allongerait le temps nécessaire à détecter une augmentation annuelle de 10% du nombre de cas: de 6 ans, il passerait à 9 ans pour l’ensemble de l’UE.

Mais ce délai pourrait être allongé jusqu’à 25 ans pour certains pays. Si le principe de précaution en prend un léger coup, cette mesure d’allégement permettra à l’UE d’économiser 36 millions d’euros par an, prévoit la Commission. Une dépense probablement superflue, au vu des chiffres de l’OIE: en France, le nombre de cas d’ESB a chuté de 274 en 2001 à 3 en 2011. Au Royaume-Uni, où la crise a culminé en 1992 (37.280 cas), seuls 7 cas ont été recensés en 2011.



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