Vacance au ministère de l’écologie

Le 23 février 2012 par Stéphanie Senet
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Nathalie Kosciusko-Morizet a démissionné
Nathalie Kosciusko-Morizet a démissionné

C’est officiel. Le décret annonçant le départ de la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a été publié au Journal officiel de ce 23 février. Ses fonctions relèvent désormais du Premier ministre François Fillon jusqu’à l’élection présidentielle, dont le deuxième tour est fixé au 6 mai.

Nathalie Kosciusko-Morizet a démissionné de son poste pour assurer sa nouvelle fonction de porte-parole du président-candidat Nicolas Sarkozy. La vacance du ministère de l’écologie va donc durer plus de deux mois.

L’ex-ministre a profité de la passation de pouvoirs de ce jour pour dresser un rapide bilan de son action au gouvernement, en insistant sur le Grenelle de l’environnement. «Nous avons transformé la France, des filières économiques comme celles du bâtiment ou de l’automobile, mais aussi l’agriculture, la filière Energie et le territoire avec la ville de demain et un changement d’investissement au profit d’alternatives à la route», s’est félicitée l’ex-ministre.

De son côté, François Fillon a rappelé que 80% des décisions concernant le Grenelle avaient été mises en œuvre. «Les quelques décisions qui restent à prendre, nous allons naturellement les prendre dans les délais impartis», a-t-il assuré.

Thierry Mariani occupe toujours le fauteuil de ministre des transports et Benoist Apparu celui du logement.

Plusieurs associations environnementales ont vivement réagi à cette vacance de poste. «C’est la première fois depuis 1971, date de création du ministère, que la France ne dispose plus d’un ministre de l’écologie en titre et en fonction», note Stephen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement. Il rappelle que l’échéance prochaine du Sommet onusien de Rio+20 nécessite au contraire la présence d’un ministre à plein temps.

Quant au bilan du Grenelle, l’association estime que «malgré les grands discours déclamés avec emphase, les résultats sont très loin des objectifs retenus dans la loi Grenelle I». Parmi les échecs, elle cite en premier lieu le fret ferroviaire qui devait grimper à 25% en 2012 alors qu’il décline (11,3% en 2010 contre 12,6% en 2008). Les énergies renouvelables devaient représenter 21% de la consommation électrique en 2010 alors qu’elle ne totalise que 14,5%. L’agriculture bio n’a pas non plus touché son but (6% de la surface agricole utile ou SAU en 2012): elle concerne environ 4,6% de la SAU fin 2011. Les pesticides doivent être réduits de 50% d’ici 2018? Ils ont augmenté de 2,6% en 2011. Le recyclage des déchets d’emballages n’atteindra pas non plus les 75% en 2012 puisqu’il plafonne à 63% depuis 2009. Enfin, la fiscalité environnementale a particulièrement accusé le coup avec l’abandon de la contribution Climat-énergie et de la taxe Pique-nique (surcoût pour les produits non recyclables) et du report à 2013 de la taxe Poids lourds.

L’association Robin des bois insiste sur les importants dossiers en cours. «Des textes essentiels sur l’élimination des polychlorobiphényles ou sur le zonage des sites pollués sont en attente prolongée», affirme-t-elle dans un communiqué.

La question des semences d’organismes génétiquement modifiés n’est pas non plus réglée. Si le gouvernement a saisi la Commission européenne, le 18 février, pour qu’elle suspende l’autorisation de mise en culture du maïs MON810 de Monsanto (voir JDLE), celle-ci reste aujourd’hui légale.



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