Usutu, virus émergent présent en France

Le 28 juin 2018 par Romain Loury
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Le moustique Culex pipiens
Le moustique Culex pipiens

Après le chikungunya et le virus Zika, voici venu le virus Usutu. Originaire d’Afrique, ce virus, transmis par piqûre de moustique, semble déjà bien implanté en France, où il a déjà infecté oiseaux et humains, révèlent des travaux menés par une équipe montpelliéraine.

Décrit pour la première fois en 1959 en Afrique du Sud, Usutu appartient à la famille des flavivirus, comme les virus de la dengue, du chikungunya et du Nil occidental. Il est transmis par une piqûre de Culex pipiens, le plus commun des moustiques européens.

De nombreuses espèces d’oiseaux constituent son réservoir, avec de véritables épidémies chez certaines d’entre elles. Parmi les plus sensibles, les passériformes (en particulier le merle) ainsi que les strigiformes (chouettes, hiboux). C’est d’ailleurs lors d’une forte épidémie aviaire, survenue en Toscane en 1996, que sa présence en Europe a pour la première fois été suspectée.

Deux épidémies aviaires en France

Depuis, il a été observé en Autriche, en Belgique, en République tchèque, en Allemagne, en Grèce, aux Pays-Bas, en Espagne et en Suisse. En France, deux épidémies de mortalité chez les oiseaux lui sont imputables, dans le Rhône et dans le Bas-Rhin, indique au JDLE Serafin Gutierrez, chercheur en virologie à l’unité mixte de recherche ASTRE[i] (Cirad, Inra, université de Montpellier).

Dans une étude à paraître en juillet dans Infection, Genetics & Evolution, l’équipe montpelliéraine a d’ailleurs isolé, en 2015 en Camargue, des moustiques infectés par deux souches du virus Usutu, une première en France.

Un cas humain à Montpellier

Outre les oiseaux, Usutu peut infecter l’homme, avec 19 cas recensés en Europe depuis une dizaine d’années, dont certains ont été atteints de symptômes d’ordre neurologique. En France, l’équipe montpelliéraine en a retrouvé un a posteriori, survenu en 2016 à Montpellier chez un homme de 39 ans présentant une paralysie faciale. Non mortel, ce cas s’est résolu par la prise de traitements symptomatiques.

Sommes-nous face à un nouveau risque sanitaire? Difficile de le dire en l’état: avant qu’ils n’entraînent des épidémies mondiales, «on connaissait bien le Zika, le virus du Nil occidental et le chikungunya. Certains scientifiques avaient sonné l’alerte, mais personne ne les écoutait vraiment. Pour l’instant, le virus Usutu ne constitue pas une menace sérieuse. Mais rien ne permet d’affirmer qu’il ne se développera pas comme ces autres virus», juge Serafin Gutierrez.



[i] ASTRE: Animal, Santé, Territoires, Risques, Ecosystèmes. Cirad: Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. Inra: Institut national de la recherche agronomique.

 



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