Usage des sols: à la recherche de solutions «gagnant-gagnant»

Le 06 août 2019 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
S'inspirer des cycles naturels pour développer une agriculture résiliente et durable.
S'inspirer des cycles naturels pour développer une agriculture résiliente et durable.
VLDT

 

Comment atténuer les émissions de gaz à effet de serre tout en s’adaptant au changement climatique, sans oublier de nourrir l’humanité? Vaste dilemme, que le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dans son rapport publié jeudi 8 août, propose de résoudre via des solutions «synergiques».

 

Lutte contre la déforestation, reforestation/afforestation, restauration des sols dégradés, stockage de carbone dans les sols agricoles par l’agroforesterie et l’agroécologie, bioénergie, changement de régime alimentaire, lutte contre le gaspillage alimentaire… en matière d’usage des sols, les solutions pour lutter contre le réchauffement climatique ne manquent pas. Reste à savoir comment les combiner.

Eviter les conflits d’usage

C’est le défi majeur, tant les objectifs recherchés (atténuation des émissions, préservation de la biodiversité, sécurité alimentaire) peuvent s’avérer antagonistes. Pour le Giec, il faut privilégier des stratégies «qui n’accroissent pas la compétition entre les usages», donc sans aucun effet collatéral négatif.

Par exemple, une meilleure gestion des cultures agricoles et de la forêt, ou un meilleur stockage de carbone dans les sols, qui permet d’accroître la productivité tout en limitant le réchauffement. Sans oublier un régime alimentaire moins émetteur de gaz à effet de serre, et un moindre gaspillage alimentaire

Selon les experts, ces approches «peuvent contribuer à éradiquer la pauvreté et à éliminer la faim, tout en promouvant la santé et le bien-être, une eau de qualité, un effet positif sur le climat et la présence de vie sur la terre». A l’inverse, toute approche qui nécessite un changement d’usage des sols pourrait accroître la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Les biocarburants, à usage très modéré

Ainsi, les biocarburants pourraient lourdement empiéter sur les cultures agricoles, fragilisant une sécurité alimentaire déjà mise à rude épreuve par les changements en cours. Selon les experts du Giec, la surface agricole à leur allouer, afin de ne pas dépasser un risque «faible à modéré» pour la sécurité alimentaire, la désertification ou la dégradation des sols,  s’étend entre 2 et 6 millions de kilomètres carrés.

L’agriculture et l’alimentation sont responsables de 25% à 30% des émissions totales de gaz à effet de serre, rappelle le Giec. L’origine principale en est la production agricole, à raison de 5 à 5,5 milliards de tonnes équivalent CO2 par an (GteqCO2/an), talonnée par les changements associés en termes d’usage des sols (de 4 à 4,5 GteqCO2/an).

Pour un prix fixé entre 20 et 100 dollars par tonne de CO2, le potentiel d’atténuation de la production agricole s’élève entre 1,5 et 4 GteqCO2/an à l’horizon 2030. Les changements de régime alimentaire pourraient quant à eux permettre d’économiser entre 1,8 et 3,4 GteqCO2/an d’ici à 2050.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus