USA: les émissions baissent et Obama n'y est pour rien

Le 22 août 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Certes, mais à l'insu de son plein gré.
Certes, mais à l'insu de son plein gré.

Il y a près de 4 ans, Barack Obama s’était notamment fait élire sur ses promesses d’engager la décarbonisation et l’assainissement de l’économie américaine. A quelques semaines du prochain scrutin présidentiel, force est de constater que l’administration Obama n’a pas particulièrement brillé dans cet exercice difficile.

Malgré deux années de majorité démocrate dans les deux chambres du Congrès, le locataire de la Maison blanche n’a pu faire voter de loi sur l’énergie et le climat.

Mardi 21 août, une cour fédérale de Washington a dénué le droit à l’Agence fédérale de l’environnement (EPA) de fixer aux centrales thermiques à flamme de 28 états des limites d’émission de dioxyde de soufre, de suies et d’oxydes d’azote. Des polluants atmosphériques soupçonnés d’entraîner la mort prématurée de 34.000 Américains par an. Nouvel échec.

Paradoxe: les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de baisser outre-Atlantique. En 2011, rappelle une récente note de l’agence de statistique du département à l’énergie (EIA) les rejets industriels de CO2 ont chuté de 2,4% par rapport à ceux de 2010. Dans le même temps, le PIB progressait de 1,8%.

Depuis le pic de 2007 (6 milliards de tonnes de CO2), l’empreinte carbone du secteur énergétique US poursuit sa cure d’amaigrissement. L’an passé, les centrales électriques et raffineries n’ont rejeté «que» 5,4 milliards de tonnes de gaz carbonique: une chute de 10% en 5 ans! Pas si mal.

La crise économique explique, en partie, cette évolution. Mais pas seulement. La révolution énergétique provoquée outre-Atlantique par les gaz non conventionnels bouleverse la donne des compagnies électriques. Avec le très fort développement des gaz de schiste, de houille et des gaz compacts, les prix de la précieuse molécule se sont effondrés.

Conséquence: les utilities mettent au rancard leurs centrales au charbon, dont la plupart ont plus de 30 ans d’âge, pour les remplacer par des unités brûlant du gaz, naturel ou non conventionnel.

Durant le premier semestre, souligne l’EIA, 165 nouvelles centrales électriques ont été mises en service aux états-Unis, dont une seule au charbon. L’essentiel de ce nouveau parc est constitué de centrales au gaz et de parcs éoliens ou photovoltaïques.

Et cette tendance ne devrait pas s’infléchir dans les années qui viennent. L’EIA a répertorié 11 projets de centrales au charbon (4.918 mégawatts de puissance totale) devant être mises à feu d’ici 2015, contre 170 unités au gaz (25.357 MW) et 343 installations utilisant les énergies renouvelables (17.086 MW).

En 2002, le charbon produisait la moitié des électrons US, contre 42%, l’an passé. La décarbonisation du secteur électrique US a commencé. Mais la Maison blanche n’y est pas pour grand-chose.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus