USA: de nouveaux agents cancérogènes répertoriés

Le 07 février 2005 par Claire Avignon
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Le département américain de la santé et des services humanitaires vient de publier la onzième édition de son rapport sur les agents cancérogènes. 17 nouvelles substances y figurent sur les 246 répertoriées.

Aux Etats-Unis, les agents cancérogènes sont divisés en deux catégories: cancérogènes possibles ("reasonably anticipated to be human cancerigen") et substances dont on connaît le caractère cancérogène ("known to be human carcinogens"). Cela équivaut à la classification de l'Union européenne (UE) qui sépare les cancérigènes de première catégorie, c'est-à-dire dont on sait qu'ils sont cancérigènes, de deuxième catégorie, pour lesquels on a de fortes présomptions, et de troisième catégorie, qui sont préoccupants pour l'homme en raison d'effets cancérogènes possibles, mais pour lesquels les informations disponibles ne permettent pas une évaluation satisfaisante.

Sur les 9 nouveaux agents répertoriés par le département américain de la santé et des services humanitaires comme cancérogènes possibles, 8 sont utilisées dans des procédés industriels. Le naphtalène est ainsi ajouté à la liste. Utilisé comme intermédiaire dans la synthèse de nombreux composés organiques (phtalates, plastifiants, peintures), le département de santé américain explique que la substance chimique a causé, lors d'expériences scientifiques, des tumeurs sinusiennes chez les rats et des tumeurs pulmonaires bénignes chez les souris femelles. Le onzième rapport répertorie en outre des cas de cancers humains pour lesquels les études scientifiques n'ont pas encore montré de lien avec l'exposition au naphtalène. Il s'agit de salariés ayant travaillé dans une usine Est-allemande de purification de la substance fonctionnant de 1917 à 1968. Sept employés ont développé un cancer, dont trois, un cancer du larynx. Autre cas: sur 23 patients d'un hôpital du Nigeria ayant un carcinome du colon, environ la moitié avait ingéré un traitement local contenant du naphtalène. Pourtant, les chercheurs n'ont pas conclu étant donné que tous les salariés ayant développé un cancer du larynx étaient fumeurs. En prenant en compte ces mêmes cas, l'UE a classé le naphtalène en catégorie trois.

Le plomb et ses dérivés, à partir desquels sont fabriquées des batteries et des munitions, sont associés à des risques de cancers des poumons et de l'estomac chez les hommes, et du rein, du cerveau et du poumon chez les animaux de laboratoire. Mais les études sont limitées. La fiche de données toxicologiques et environnementales publiée en 2003 par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) en France conclut comme le département américain de la santé qu'«une conjonction de données indique qu'une exposition professionnelle pourrait être associée à un risque accru de cancer bronchique ou du rein (pour des expositions de longue durée).» Les dérivés de plomb (chromates, sulfochromates et sulfochromates molybdates de plomb) sont dans la catégorie 3 de la classification européenne.

Utilisé dans la galvanoplastie, comme colorant de céramique, et comme agent asséchant dans les encres et les peintures, le sulfate de cobalt serait responsable dans les expériences scientifiques sur les animaux de tumeurs de la glande surrénale et des poumons. L'Union européenne a classé le sulfate de cobalt comme cancérigène de catégorie 2.

Les autres agents allongeant la liste des cancérogènes possibles sont le diazoaminobenzène (fabrication de teintures), le nitrobenzène (secteur chimique), le 1-amino-2,4-dibromoanthraquinone et le 4,4'-thiodianiline (industrie du textile), ainsi que les nitrométhanes (pharmacie, explosifs, agriculture).

En revanche, les six nouveaux agents dont on connaît les effets cancérogènes ne sont pas directement liés à des procédés industriels. Il s'agit des rayonnements X et gamma, des neutrons qui peuvent causer des leucémies, des cancers de la thyroïde, du sein et des poumons. Et pour la première fois, des virus apparaissent dans la liste américaine: les hépatites B et C (cancer du foie) ainsi que le papillomavirus humain à l'origine de cancers du col de l'utérus.




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