US: controverse sur le risque de certains pesticides

Le 03 octobre 2006 par Claire Avignon
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En août, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a fièrement annoncé la fin des travaux destinés à réévaluer l’autorisation des pesticides aux Etats-Unis. Depuis, la polémique n’a cessé d’enfler concernant les risques de deux types de pesticides: les organophosphates et les carbamates.

Il s'agissait d'une oeuvre titanesque, selon un article paru dans Environmental health perspectives. En 1996, le Food quality protection act (FQPA) prévoyait de toutes nouvelles normes sanitaires pour l'enregistrement des produits phytosanitaires mis sur le marché. Concernant les pesticides enregistrés avant cette année-là, il fallait tous les réévaluer à la lumière des nouvelles données toxicologiques. Le Congrès avait donné 10 ans à l'EPA pour mener à bien sa mission.

Mission presque accomplie puisque, le 3 août dernier, le directeur de l'agence, Stephen L. Johnson, a annoncé que les décisions relatives à l'autorisation des pesticides étaient prises à 99%. «L'EPA et l'administration Bush ont semé les graines pour rendre la vie des familles américaines plus saine», s'est-il réjoui.

Pourtant, des voix s'élèvent contre ce travail. Et ce, au sein même de l'agence. Avant la publication officielle des nouvelles autorisations, en mai dernier, 9 présidents de syndicats représentant les scientifiques et les gestionnaires de risques ont adressé une lettre à Stephen L. Johnson, exprimant leurs inquiétudes. En ligne de mire: les pesticides des familles des organophosphates et des carbamates.

Ce sont des groupes d'insecticides qui affectent le système nerveux et dont les effets sont controversés. Selon les auteurs de la lettre, les connaissances sur leur toxicité lors du développement du système nerveux des enfants en bas âge ne sont pas encore suffisantes pour asseoir une décision politique solide. Le choix du directeur de l'EPA aurait été dicté par la volonté d'«éviter des poursuites judiciaires de la communauté réglementée», c'est-à-dire les fabricants de produits phytosanitaires. Encore une affaire où les décideurs politiques choisissent de ne pas appliquer le principe de précaution.




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