Ursula von der Leyen présente les membres de sa Commission européenne

Le 10 septembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le climat est l'une des priorités de la Commission von der Leyen.
Le climat est l'une des priorités de la Commission von der Leyen.
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La présidente de la future Commission a présenté, ce mardi 10 septembre, les 26 membres de son équipe, dont 5 suivront particulièrement les questions environnementales et climatiques. Revue de détail.

Une Commission bien équilibrée, à l’écoute des Européens: tels sont les credo de l’équipe dévoilée, ce mardi 10 septembre, par Ursula von der Leyen. La présidente de la nouvelle Commission, qui entrera officiellement en fonction le 1er novembre (possible jour du Brexit) a fixé ses priorités, dont la lutte contre le changement climatique est l’une des principales. Ce sujet structurant a été confié au vice-président chargé du Green Deal, Frans Timmermans.

Green Deal

Âgé de 59 ans, ce diplomate néerlandais (et parfaitement francophone) dispose de 100 jours pour présenter un projet de Green Deal, vaste programme qui devra conduire l’Europe sur la voie de la neutralité carbone d’ici à 2050 et réduire les émissions de moitié entre 1990 et 2030 (contre 40 % actuellement). Ce plan fera aussi l’objet d’un texte législatif, dont la première mouture devra être publiée avant le mois de février 2020. L’ancien étudiant de l’université de Nancy devra rédiger un pacte européen sur le climat pour coordonner les efforts produits par les collectivités, la société civile, l’industrie et le système scolaire.

Activisme international. Economiste de l’énergie, passé par l’Institut français du pétrole, Josep Borrell connaît bien les questions internationales. Francophone, le futur haut représentant de l’UE pour la politique internationale et la sécurité occupaient, il y a quelques heures, des fonctions similaires au sein du gouvernement espagnol. Pressé de déployer une diplomatie européenne plus active, l’ancien président socialiste du parlement européen pourra utiliser des clauses des traités européens permettant de se reposer sur la majorité qualifiée plutôt que d’attendre l’unanimité.

L’ancien chef de la diplomatie des Pays-Bas conduira les négociations sur le climat et la préservation de la biodiversité pour le compte de l’UE. A cet égard, il sera en charge de l’élaboration de la stratégie européenne sur la biodiversité 2030. Ce féru de littérature française aura un droit de regard sur les politiques de l’air, de l’eau, du bruit, ainsi que sur la stratégie alimentaire communautaire (Farm to forch). Il coordonnera aussi le travail de réduction de l’empreinte environnementale du transport. Le diplomate socialiste devra enfin préparer le projet de taxe carbone aux frontières et réviser la directive sur la taxation des produits énergétiques.

pêche illégale

Nouvellement créé, le portefeuille de l’environnement et de l’océan échoie à Virginijus Sinkevicius, ministre lituanien de l’économie. Benjamin de l’équipe von der Leyen, l'ancien journaliste, pas encore trentenaire, aura pour principale tâche de rédiger la stratégie biodiversité 2030. Sous la houlette du vice-président Timmermans, il préparera la COP Biodiversité de 2020, en Chine. Ses autres priorités terrestres sont l’élaboration d’une stratégie visant à promouvoir l’économie circulaire et la lutte contre la prolifération des microplastiques.

Proche des écologistes, le diplômé de l’université d’Oxford aura fort à faire en mer. D’abord, en veillant à la bonne application de la nouvelle politique communautaire des pêches, en renforçant notamment la lutte contre la pêche illégale. Le jeune commissaire devra aussi participer à l’élaboration de la stratégie alimentaire communautaire. Et suivre les négociations internationales portant sur la gouvernance mondiale de la haute mer. Avec son collègue au commerce, Phil Hogan, Virginijus Sinkevicius devra oeuver à l’interdiction, à l’échelle mondiale, des subventions publiques à la pêche.

élargissement de l'ETS

Ex-ministre de l’économie et des infrastructures d’Estonie, Kadri Simson est la nouvelle commissaire à l’énergie. Egalement supervisée par Frans Timmermans, cette centriste de 42 ans devra accélérer la publication par les Etats de leur plan nationaux pour l’énergie et le climat. Ces programmations devant servir de base à la construction de la stratégie communautaire de neutralité carbone. Co-rédactrice du projet de taxe carbone aux frontières et de la révision de la directive sur la taxation des produits énergétiques, Kadri Simson devra aussi favoriser l’usage, en Europe, du gaz naturel liquéfié (GNL). Une façon de réduire la dépendance européenne au gaz russe. Cette politique balte, qui a fait ses classes, à l’Otan, ne devrait pas se faire prier.

taxation des produits énergétiques

Les transports tombent dans l’escarcelle d’une femme politique professionnelle. A 59 ans, Rovana Plumb a été présidente de l'Autorité nationale de protection des consommateurs, patronne de l'Organisation des femmes du parti social démocrate roumain (PSD), députée nationale et européenne, trois fois ministres et présidente du PSD. A Bruxelles, elle devra adapter la directive ETS pour y faire entrer les secteurs maritime et aérien. Elle participera à la révision de la directive sur la taxation des produits énergétiques. Rovana Plumb est toujours sous le coup d’une enquête pour corruption. L’ancienne ministre est soupçonnée d’avoir intercédé pour qu’une compagnie publique cède une île du Danube à une collectivité qui l’a, par la suite, revendue à une entreprise privée, liée au PSD.

Autre commissaire dans le collimateur des enquêteurs: Janusz Wojciechowski. L’ancien membre de la cour des comptes européennes est soupçonné par l’office européen anti-fraude (Olaf) d’avoir commis des «irrégularités» lors de remboursements de frais de voyage, lorsqu’il était eurodéputé, entre 2004 et 2016. En attendant les résultats de l’enquête, l’ancien magistrat polonais devra conduire les négociations en vue d’élaborer la nouvelle politique agricole commune (PAC). Cette PAC, a prévenu Ursula von der Leyen, devra être «ambitieuse en terme de sécurité alimentaire, d’environnement et de climat.» Le conservateur de 64 ans devra aussi participer à la rédaction de la stratégie alimentaire communautaire (Farm to forch) et renforcer le système communautaire de protection des terroirs.

L’équipe présentée par l’ancienne ministre de la défense d’Allemagne n’est pas encore définitive. La nomination de ses membres devra être validée par les députés européens au cours des prochaines semaines. En place pour 5 ans, la Commission von der Leyen prendra officiellement ses fonctions le 1er novembre prochain.



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