Une usine de dessalement à Gaza indispensable avant 2020

Le 29 août 2012 par Geneviève De Lacour
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Les Gazaouis boivent une eau de mauvaise qualité
Les Gazaouis boivent une eau de mauvaise qualité

Cette semaine se tient à Stockholm la Semaine mondiale de l'eau (World Water Week), l’occasion pour le ministre de l'Autorité palestinienne en charge de l'eau, Shaddad Attili, d’appeler à accélérer le projet de construction d'une usine de dessalement à Gaza.

«D'après un rapport des Nations unies publié le 27 août, Gaza sera invivable en 2020 si nous ne résolvons pas le problème de l'eau», a affirmé le ministre. Et Rebhy El-Sheik, son adjoint, d’ajouter: «La construction d'une usine de dessalement est un projet stratégique car, pour le moment, plus de 90% de l'eau produite dans la bande de Gaza ne correspond pas aux normes [de potabilité] de l'Organisation mondiale de la santé».

«Cette eau a une odeur, un goût, et n'est pas potable, mais tu dois la boire», a déploré le ministre.

Israël a accepté le projet dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée et les Israéliens doivent respecter cela, a-t-il insisté.

En mars, l'Autorité palestinienne a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle finance le projet, d'un coût de 500 millions de dollars (398 millions d'euros). Les pays arabes se sont engagés à en apporter la moitié. La France a annoncé un soutien de 10 M€ et veut inciter d'autres pays européens à participer.

A Stockholm, le ministre palestinien a assuré que l’argent était bien utilisé: «Vos investissements sont protégés. Nous faisons notre travail», a-t-il affirmé.

«Je suis sorti avec une impression positive de ma rencontre avec Gunilla Carlsson, la ministre suédoise de la coopération», a indiqué Shaddad Attili. Le Palestinien doit se rendre ensuite en Finlande et en Norvège pour s'assurer du soutien de ces pays.

«Nous avons reçu récemment une demande [de participation] que nous avons transmise à Sida [l'Agence suédoise d'aide au développement], qui va l'étudier et déterminer si nous avons la possibilité de soutenir le projet», a indiqué Evin Khaffaf, la porte-parole de la ministre suédoise. La date à laquelle la Suède apportera sa réponse n'est pas encore connue.

D'après le calendrier actuel, la levée des fonds en faveur du projet devrait être terminée fin 2012 ou début 2013, ce qui devrait permettre de lancer le chantier. L'usine serait en état de marche à partir de 2017. Le projet a été approuvé par les 43 membres de l'Union pour la Méditerranée, dont Israël.

A Gaza, l'unique source d'eau douce est la nappe phréatique. Contrairement à la Cisjordanie, les Gazaouis sont libres de forer sur ce territoire minuscule. Résultat, en raison de la croissance démographique, la nappe est surexploitée et les intrusions salines sont fréquentes.

Trois grands facteurs pèsent sur la qualité de l'eau souterraine: les infiltrations d'eaux usées non traitées, le recours très répandu aux engrais chimiques et les infiltrations d'eau de mer dans la nappe phréatique. La qualité de l'eau est variable, avec souvent une forte teneur en chlorures et en nitrates.

A noter que l’installation d’une usine de dessalement pose le problème de l’approvisionnement en énergie pour un type d’installation qui en consomme beaucoup. Actuellement, la bande de Gaza ne dispose que d’une seule centrale thermique alimentée en fuel par le Qatar. Le carburant transite par Israël et l’Egypte, qui contrôlent les livraisons. En juin dernier, à court de carburant, la centrale de Gaza a dû s’interrompre.

 

 



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