Une troisième conférence environnementale, pour quoi faire ?

Le 27 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour la première fois, l'Elysée a accueilli une partie d'une conférence environnementale.
Pour la première fois, l'Elysée a accueilli une partie d'une conférence environnementale.
Présidence de la république

Expédiée en deux heures, l’ouverture de la 3e conférence environnementale a été avare en annonces concrètes et nouvelles.

La vie du journaliste en ligne n’est pas un fleuve tranquille. Surtout quand il est trahi par la technique. Ce jeudi 27 novembre, à l’ouverture de la conférence environnementale, on aurait pu croire à un complot. Plus d’une heure durant, la retransmission vidéo de l’événement a été très fréquemment interrompue. Et quand l’image revenait à l’écran, c’était le plus souvent sans le son. Fort heureusement, discours et interventions étaient sous-titrés, pas toujours en temps réel. La rédaction de la synthèse de cette matinée publique a donc nécessité plus de recoupements que de coutume.

Conférence à haute cadence

Sur la forme, ce troisième opus différait quelque peu des deux éditions précédentes. A commencer par le lieu: à l’austère CESE, tout de béton vêtu, les organisateurs ont préféré les ors du palais de l’Elysée. Le film de la matinée a été projeté à haute cadence: en moins de deux heures, invités et internautes ont ingurgité le discours d’ouverture de la ministre de l’écologie (il est inhabituel qu’une ministre discoure à la présidence), une harangue émouvante de l’astrophysicien Hubert Reeves, des petites vidéos, trois tables rondes thématiques (sur la mobilité, la santé environnementale et la COP 21). Pour finir avec l’allocution du président de la République.

Sur le fond, peu d’annonces concrètes. Participant à la table ronde sur la mobilité, le ministre des finances, Emmanuel Macron, a annoncé le lancement imminent d’un programme d’installations de 16.000 bornes de recharge de véhicules électriques (et non 160.000 comme annoncé initialement par erreur). Le maître d’œuvre de l’opération n’est pas encore connu. Le projet de loi sur la transition énergétique prévoit la mise en service de 7 millions de points de recharge d'ici 2030.

Paris lorgne sur le plan Juncker

Le président de la République a fait quelques annonces en demi-teinte. Désormais soucieux de laisser une trace dans l’histoire de la protection de l’environnement, François Hollande a confirmé la création d‘un fonds de la transition énergétique, doté de 1,5 milliard d’euros. Cet instrument financier, qui doit être géré par la Caisse des dépôts, sera abondé par un prélèvement sur le dispositif des certificats d’économie d’énergie, le reversement d’une partie des dividendes que l’Etat reçoit de GDF Suez et d’EDF, ainsi que par le programme Investissements d’avenir. Servira-t-il à financer des opérations éligibles au plan Juncker? C’est possible. Car le locataire de l’Elysée a clairement fait savoir que «la France veillerait qu'une large part de ce plan soit affectée vers des investissements qui sont ceux de la transition énergétique ou de la transition écologique».

Concerter plus vite

C’est probablement à l’aune de ces investissements qu’il faut considérer l’une des principales mesures présentées ce matin: l’ouverture d’un «chantier sur la démocratie participative». Politiquement, l’opération est présentée comme une réponse au drame survenu à Sivens. Economiquement, c’est autre chose. Le gouvernement dispose d’un délai de 6 mois pour formuler des propositions visant à améliorer l’«association des citoyens» à l’élaboration des projets d’intérêt public. Floue, cette demande préfigure la généralisation des modes de concertation via internet, telle qu’inauguré par la commission du débat public sur le Cigéo. En clair, des enquêtes publiques allégées, accélérées. Le président, comme la Commission européenne, estime inacceptable «qu’il faille 8 ans pour installer une éolienne marine». Ou une ligne de transport d’électricité.

Montrer l’exemple après

Souhaitant montrer l’exemple et donner quelques gages aux associations, François Hollande a aussi promis la suppression de «tous les crédits» à l’exportation «accordés aux pays en développement dès lors qu’il y a utilisation du charbon». Une promesse déjà tenue, pour ce qui concerne les crédits publics. L’agence française du développement ne finance plus, depuis 2013, le moindre projet charbonnier (mine ou centrale thermique). En rappelant cette mesure emblématique, Paris ne fait d’ailleurs que s’aligner sur Washington, Londres et La Haye qui ont supprimé tout crédit à l'exportation pour des projets liés au charbon. Toujours en 2013, la Banque mondiale et la Banque nordique d’investissement ont, elles aussi, décidé de ne plus financer de centrales à charbon. Pour les crédits bancaires, ce sera plus compliqué. Selon les Amis de la terre, les banques françaises ont prêté une trentaine de milliards d’euros aux entreprises charbonnières entre 2005 et 2014. Et rien n’indique qu’elles ne continueront pas.

Le président de la République suggère enfin que l’Union européenne s’interdise de subventionner la consommation d’énergies fossiles. Une proposition que Bruxelles a découverte à la télévision!

 



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