Une toxine marine attisée par le réchauffement

Le 10 janvier 2017 par Romain Loury
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Une toxine impliquée dans les échouages de cétacés
Une toxine impliquée dans les échouages de cétacés

La présence d’acide domoïque dans les fruits de mer, qui les rend impropres à la consommation, est liée à la température marine, confirme une étude américaine publiée mardi 10 janvier dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). Au risque, avec le réchauffement en cours, d’importants dégâts sur la faune marine.

S’accumulant dans les bivalves, les sardines et les anchois, l’acide domoïque est une neurotoxine produite par les algues rouges, ainsi que par certaines diatomées du genre Pseudo-nitzschia -impliquées dans le phénomène de «marée rouge». Toxique pour l’homme, chez qui elle provoque des convulsions et des pertes de mémoire, voire la mort, elle serait impliquée dans les échouages massifs de mammifères marins.

Un risque émergent

Aux Etats-Unis, ce n’est qu’en 1987 que l’acide domoïque a été reconnu comme un problème de santé publique. Depuis, des interdictions de commercialisation de fruits de mer ont dû être prononcés à plusieurs reprises sur la côte Pacifique des Etats-Unis, notamment en 2015 et 2016, en raison de teneurs excessives, engendrant d’importantes pertes financières pour les producteurs.

Au gré d’El Niño

Dans une étude publiée mardi 10 janvier, l’équipe d’Angelicque White, océanologue à l’université d’Etat de l’Oregon, révèle que la température marine joue un rôle majeur dans la survenue de ces flambées d’acide domoïque. Leurs résultats montrent que sa teneur d’acide dans le couteau Siliqua patula, bivalve du Pacifique nord, s’élève en fonction de deux phénomènes de réchauffement océanique, à savoir El Niño et l’oscillation décennale du Pacifique.

Un phénomène jusqu’alors peu compris

A ce jour, les raisons de la survenue d’acide domoïque demeuraient peu connues. «Le monde naturel présente toujours des variations, et il a jusqu’alors été impossible de relier un évènement spécifique à des forces qui opèrent sur des périodes annuelles [comme El Nino] ou décennales [comme l’oscillation décennale du Pacifique]», rappelle Angelicque White.

Un outil prédictif

Selon les chercheurs, ces flambées d’acide domoïque pourraient devenir plus fréquentes avec le réchauffement climatique. Grâce à ses résultats, l’équipe a mis au point une méthode permettant de prévoir, en fonction des conditions dans lesquelles se trouve le Pacifique par rapport à El Niño et à l’oscillation décennale, la survenue de tels épisodes.



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