Une stratégie nationale contre les espèces exotiques envahissantes

Le 20 décembre 2016 par Marine Jobert
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Une écrevisse américaine, espèce envahissante selon l'UE.
Une écrevisse américaine, espèce envahissante selon l'UE.
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Pour la première fois, la France se dote d’une stratégie nationale pour lutter contre ces espèces venues d’ailleurs, qui appauvrissement la biodiversité locale et entraînent de coûteux dégâts sanitaires et économiques.

Protéger les écosystèmes marins, dulçaquicoles[1] et terrestres, ainsi que les espèces animales et végétales qu’ils hébergent des risques et des effets associés aux invasions biologiques. Voilà l’objectif de la stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes, mise en consultation du 19 décembre 2016 au 10 janvier 2017 par le ministère de l’environnement. Une première, qui découle à la fois de la loi pour la reconquête de la biodiversité d’août 2016 et du règlement de 2014 consacré à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Troisième cause de l’appauvrissement de la biodiversité mondiale, favorisées par les perturbations et les activités anthropiques, cette faune et cette flore venues d’ailleurs menacent les espèces indigènes, les habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine. Une première estimation en Europe a évalué leur coût annuel entre 9 et 12 milliards d’euros. C’est dans les Outre-mer, qui hébergent près de 80% de la biodiversité nationale, que ces espèces sont les plus préoccupantes.

Restauration après invasion

Confiée à un groupe de travail présidé par Serge Muller, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, cette stratégie nationale s’attache à définir les principales actions qu’il conviendra de mettre en œuvre au cours des prochaines années: concernant la connaissance, la sensibilisation du public, comme la réglementation, la gouvernance, la prévention, les interventions urgentes et la gestion des animaux et plantes envahissantes déjà établies, ainsi que la restauration des milieux après invasion.

Détecter et éradiquer

Le projet soumis à la participation du public comprend 5 axes de travail et se décline en 12 propositions de mesures. Il intègre l’approche hiérarchique de la Convention sur la diversité biologique en trois points: la prévention des introductions d’espèces exotiques envahissantes est généralement plus économique et préférable pour l’environnement que les opérations de maîtrise sur le long terme; la détection précoce permet de prendre rapidement des mesures pour empêcher que l’espèce ne s’implante, le plus souvent en l’éradiquant; enfin, des mesures de confinement et des opérations de maîtrise sur le long terme doivent être mises en œuvre si l’éradication n’est pas réalisable ou si des ressources ne sont pas disponibles à cette fin.

Pas de calendrier, ni de chiffrage

Le texte aspire à être un document ‘intemporel’: il ne comporte pas de calendrier prévisionnel de mise en œuvre, ni de programmation budgétaire. Sa mise en musique est laissée à des textes d’application, qui viendront préciser ces aspects, par région ou par thème suivant les espèces et les contextes.

 

 


[1] Un organisme dulçaquicole, ou dulcicole, est un organisme qui vit et se reproduit en eau douce.

 



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