Une société britannique veut extraire des nodules polymétalliques

Le 14 mars 2013 par Stéphanie Senet
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La zone visée par UK Seabed Resources se trouve au fond de l'Océan Pacifique nord-oriental
La zone visée par UK Seabed Resources se trouve au fond de l'Océan Pacifique nord-oriental

Les fonds marins intéressent particulièrement les entreprises en quête de nouvelles matières premières. C’est le cas d’une filiale britannique de Lockheed Martin, le géant américain de la défense et de la sécurité. Ainsi, UK Seabed Resources Ltd a adressé, en février dernier, à l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) sa stratégie d’exploration de nodules polymétalliques dans les grands fonds marins, après avoir reçu une autorisation de cette organisation des Nations unies.

Ces nodules sont des concrétions d’oxydes de métaux (comme le cobalt, le manganèse, ou le nickel) qui se forment sur les fonds des océans sous l’effet des courants d’eau froide, plus riches en oxygène.

L’exploration recouvre une surface gigantesque de 150.000 kilomètres carrés (ou 15 millions d’hectares), soit 1.000 fois la superficie de la ville de Paris, localisée à 4.000 mètres de profondeur entre l’île mexicaine de Clarion et l’île française de Clipperton, dans l’océan Pacifique nord-oriental. C’est d’ailleurs la France qui avait donné le coup d’envoi de l’exploitation dans cette zone dès 1987.

Selon l’AIFM, la demande de la société UK Seabed Resources sera examinée par la Commission juridique et technique lors de sa réunion du 8 juillet 2013.

L’AIFM a déjà accordé 6 permis depuis 2001 et pourrait en octroyer 6 supplémentaires dans un avenir proche. Ces licences, octroyées pour une durée de 15 ans, coûtent un demi-million de dollars (environ 385.000 euros). Elles intéressent des organismes gouvernementaux, des entreprises publiques et des sociétés privées provenant de Chine, d’Inde, de Russie, du Japon, de Corée du Sud.

Si elle est approuvée, une expédition devrait être lancée cet été pour évaluer l’impact sur l’environnement de l’extraction de ces nodules.

D’ores et déjà, plusieurs scientifiques et associations de défense de la mer ont déclaré que les conséquences de telles activités n’étaient pas encore précisément connues mais qu’elles pourraient s’avérer catastrophiques pour le milieu marin. Ils craignent notamment la libération de blocs énormes de sédiments qui pourraient dériver et étouffer de nombreuses espèces marines.

Stephen Ball, qui dirige UK Seabed Resources, affirme pour l’heure toutes ses bonnes intentions, en déclarant vouloir «mettre au point une méthode bénigne pour extraire ces nodules à des profondeurs extrêmes sans perturber les écosystèmes».

Le conseiller général de l’AIFM, Michael Lodge, estime pour sa part que «l’exploitation devra être réalisée dans un strict cadre environnemental». Sans encore savoir lequel.



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