Une seule application pour 10 modes de déplacement

Le 17 avril 2018 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Une appli disponible à l'automne.
Une appli disponible à l'automne.

L’agglomération mulhousienne teste une appli’ unique en Europe, qui marie facturation en différé et mode unique de facturation. Une première en Europe, qui permet de zapper de la voiture au vélo, en passant par le tram et, bientôt, le train et le taxi.

L’époque des trams à tout-va est bien révolue; de toute façon, après deux décennies de frénésie, les collectivités locales n’ont plus le sou pour poser un kilomètre de rail supplémentaire. Demeurent les problèmes de pollution de l’air, de bruit, d’entretien des routes, de congestion et cette éternelle question: comment faire lâcher le volant aux automobilistes? L’agglomération de Mulhouse, tout en se défendant de «déclarer la guerre à la bagnole», vient de lancer une application qui aspire à «simplifier l’accès à tous les services de déplacement». Son nom? Le compte Mobilité, qui permet d’accéder à tous les modes de déplacement de l’agglomération mulhousienne grâce à une inscription unique et de payer en différé. Un système unique en Europe.

En phase de test auprès de 50 utilisateurs jusqu’à l’été, cette appli devrait être lancée lors de la semaine européenne de la mobilité (du 16 au 22 septembre 2018).

Les TER et les taxis

«Le système du post-paiement nous a semblé efficace pour ‘dégeler’ les pratiques, car il est toujours compliqué de gérer son budget pour 10 modes de mobilité différents, explique Denis Rambaud, vice-président Transport et Mobilité à l’agglomération de Mulhouse. En outre, à l’ère du zapping, 10 applications dans le smartphone, c’était trop. Cette appli unique et ce post-paiement, ce sont les deux morceaux de l’ADN du compte Mobilité!» Le bus et le tram (Soléa), le vélo en libre-service (Vélocité, géré par JC Decaux) et l’autopartage (Citiz) sont proposés en service de base. Une possibilité de louer des vélos moyenne et longue durée et 540 vélos à assistance électrique achetés par l’agglomération et gérés en régie viendront compléter l’offre. Les automobilistes pourront aussi utiliser leur compte Mobilité dans les parkings en ouvrage et en surface. A terme, les TER et les taxis devraient rentrer dans la danse. «On n’a pas attendu d’avoir tous les modes de transport pour se lancer», explique Denis Rambaud.

Convaincre les plus rétifs

«Notre objectif, ce n’est pas de faciliter la vie aux 2.000 abonnés de Vélocité, qui sont déjà des convertis, voire des militants, détaille l’ancien directeur de l’université populaire de Mulhouse. Il s’agit bien de se décarcasser pour que toutes les solutions de mobilité soient à portée de smartphone pour ceux qui n’ont pas l’habitude de les utiliser et de leur dire ‘c’est simple, sans risque’.» De fait, en s’abonnant au compte Mobilité pour bénéficier d’un mode de paiement unifié entre les 5 parkings de la ville, un amoureux du volant se retrouvera abonné aux services de vélo. «Ce n’est pas l’écologie coercitive, c’est la séduction», que promet le vice-président.

Les financements. Le projet a coûté 605.000 euros HT, dont Transdev et sa filiale Cityway ont pris 240.000 € à leur charge, tandis que la métropole mulhousienne en assumait 365.000 € (dont 71.000 € supportés par l’Etat dans le cadre de la transition énergétique et 100.000 € émanant de la Caisse des dépôts et consignations).

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus