Une résilience gagnant-gagnant

Le 01 décembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Aider les pays pauvres à anticiper les risques climatiques.
Aider les pays pauvres à anticiper les risques climatiques.
VLDT

Aider les pays les plus vulnérables à supporter les affres climatiques est un marché potentiellement lucratif pour les enteprises du Nord.

C’est l’un des sujets consensuels de la COP. Tout le monde est favorable à la résilience climatique. Terme un peu vague qui désigne aussi bien la capacité des écosystèmes à reprendre du poil de la bête, après réchauffement, que la résistance des sociétés humaines aux conséquences des changements climatiques. Dans le projet d’accord élaboré à Bonn en novembre, le vocable est repris à 18 reprises et souvent dans des paragraphes qui ne souffrent plus la discussion.

Investir dans la résilience

Lundi 30 novembre, le secrétaire général de l’ONU tenait un séminaire de haut niveau pour présenter une initiative onusienne visant à accélérer «l’action pour la résilience». L’idée de Ban Ki Moon est d’associer pouvoirs publics et secteur privé pour anticiper les risques climatiques (les crues, par exemple), absorber les chocs (grâce aux assurances) et intégrer le risque climatique aux politiques de développement. «Investir dans la résilience, c’est éviter la mort de 23.000 personnes par an dans le monde. C’est aussi éviter la perte de 2 milliards de dollars (1,9 Md€) d’actifs par an. C’est enfin accroître de 30 Md$ (28,2 Md€) la richesse globale chaque année», a-t-il souligné.

Partenariat public-privé

Message entendu par les pays bailleurs. Habitués à financer la lutte contre les risques naturels (marins, notamment), les Pays-Bas ont annoncé le déblocage de 15 M€ pour aider les pays les moins avancés à se doter de programmes de résilience.

Mardi soir, Annick Girardin, secrétaire d’Etat française chargée du développement, présentera l’initiative sur les systèmes d’alerte précoce face aux catastrophes climatiques (Crews). Cet autre genre de partenariat public-privé entend lever 100 M$, d’ici 2020, pour financer l’établissement de systèmes d’alerte multirisques dans une cinquantaine de pays pauvres et d’Etats îliens.

Résilience adaptée aussi aux entreprises du Nord

L’Allemagne ne fait pas dans la dentelle. Son ministre de la coopération économique et du développement a allongé 1 Md€ pour une résilience très adaptée… aux entreprises allemandes. «Nous souhaitons doubler nos transferts de technologies propres et développer les projets d’énergies renouvelables», a indiqué Gerd Müller. Et d’ici 2020, Berlin pourrait investir 3 Md€ dans la réalisation d’importantes centrales photovoltaïques en Tunisie, en Egypte et au Maroc.

Le secteur de l’assurance ne sera pas en reste. Attirés par le développement économique de l’Afrique et de l’Asie, les assureurs s’intéressent à des régions qu’ils ignoraient jusqu’alors. Mais il leur faudra imaginer de nouvelles polices: «Comment vendre des produits d’assurance à des gens, comme on en trouve beaucoup en Afrique, qui ne comprennent pas le concept même de l’assurance?», s’interrogeait en mai dernier Fatima Kassam, de l’African Risk Capacity Insurance Company. De la réponse à cette interrogation dépendra sans doute la rapidité avec laquelle bien des secteurs économiques des pays vulnérables sauront s’adapter et résister au réchauffement.

 



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