Une région toujours plus chaude

Le 25 juin 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Vignes irriguées : le futur annoncé de la Nouvelle-Aquitaine?
Vignes irriguées : le futur annoncé de la Nouvelle-Aquitaine?
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La Nouvelle-Aquitaine connaît un réchauffement plus rapide que le reste de l’Hexagone. A moyen terme, son climat continuera à s’échauffer. Le volume des émissions de gaz à effet de serre (GES) conditionnera la vitesse de ce réchauffement.

 

Le réchauffement climatique, la Nouvelle-Aquitaine connaît. Les observations et les relevés de températures, réalisés depuis le XIXe siècle, montrent que le climat de la plus grande région de France s’est déjà réchauffé de 1,4°C environ entre 1959 et 2016. «Ce chiffre est nettement supérieur aux fluctuations attendues sous l’effet de la variabilité naturelle du climat», commentent les auteurs du rapport AcclimaTerra, publié le 1er juin dernier. Le réchauffement est aussi plus rapide dans le Sud-Ouest qu’en moyenne dans l’Hexagone.

Naturellement, la pluie varie

Tout ne change pas aussi vite. Ainsi, «les cumuls annuels et saisonniers de précipitations ne montrent pas d’évolution significative». Ce manque de résultat ne surprend pas les climatologues. Naturellement, la pluie varie considérablement. De plus, cette variable est moins sensible aux effets du réchauffement.

Ce qui n’interdit pas d’observer quelques phénomènes hydriques. Sous l’effet des températures printanières et estivales (celles qui augmentent le plus vite), l’humidité du sol tend à diminuer. Ce qui augmente l’étendue des sécheresses agricoles. Celle-ci a progressé de 6 à 7% depuis 1959, souligne l’étude.

Moins de froid, plus de chaud

Comme dans d’autres régions de la métropole, la Nouvelle-Aquitaine n’échappe pas à une diminution du nombre d’épisodes de froid et à un accroissement du nombre de journées caniculaires.

En conjuguant les résultats de modèles globaux (tels ceux utilisés pour rédiger les rapports du Giec[1]) et de modèles régionaux, les climatologues sont parvenus à zoomer sur le futur climatique de la Nouvelle-Aquitaine. Et les nouvelles ne sont pas bonnes.

Plus vite que dans l'Hexagone

Pour le cas, très optimiste, où la température moyenne globale ne monterait que de 2°C entre l’ère pré-industrielle et la fin du siècle (scénario RCP 2,6), il faut s’attendre à voir le thermomètre néo-aquitain grimper de 2,5°C. «Les précipitations changeraient peu en hiver mais s’affaibliraient légèrement en été, accentuant le risque de sécheresse agricole déjà amplifié par l’augmentation des températures.»

Si, par malheur, nous ne parvenions pas à réduire sensiblement (scénario RCP 4,5) ou drastiquement (scénario RCP 8,5) nos émissions de GES, le climat aquitain en pâtirait rapidement. Toujours plus de GES amènerait le mercure du thermomètre local à bondir de 1°C entre le début et le milieu du siècle: un rythme de réchauffement deux fois plus rapide que celui observé au siècle passé. 



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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