Une proposition de loi pour interdire le mercure dentaire en France

Le 20 novembre 2013 par Marine Jobert
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17 millions de tonnes dans les bouches des Français, chaque année.
17 millions de tonnes dans les bouches des Français, chaque année.
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Eliminer le mercure dentaire de la bouche des Français. C’est l’objet d’une proposition de loi, qui sera déposée dans les semaines à venir par plusieurs parlementaires écologistes[1]. Son ambition est de mettre la France au diapason de la réglementation européenne; celle-ci s’achemine vers l’interdiction de cet amalgame dentaire qui contient 50% de mercure inorganique associé à de l’argent ou de l’étain. Chaque année, 17 tonnes de mercure seraient ainsi placées dans la bouche des Français, un métal présent dans 70% des «plombages» de molaires ou prémolaires. «Pour l’heure, la France absorbe à elle seule le tiers du mercure dentaire en Europe et devrait en conséquence hâter sa transition vers une dentisterie sans mercure», plaident les élus, qui rappelle que «de nombreux pays, même parmi les plus pauvres, se sont également engagés à passer à une dentisterie sans mercure d’ici 2015.»

 

Le mercure pose un problème de santé publique, soulignent les élus écologistes, le réseau Environnement-Santé et l’association Non au mercure dentaire, puisqu’il s’agit d’un produit cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR), qui empoisonne également le système immunitaire et hormonal. Il s’accumule dans l’organisme au niveau du cerveau, des glandes endocrines, ou du système cardio-vasculaire. Il est donc impossible de définir une dose d'exposition sans danger pour la population fragile. Ce sont les vapeurs de mercure organique qui sont les plus toxiques, mais le mercure inorganique n’est pas exempt de danger pour la santé. Avec cette proposition de loi, les élus écologistes comptent également «moderniser considérablement notre dentisterie pour une meilleure sécurité de tous et pour une meilleure prévention de la maladie carieuse».

 

La France fait figure de dernier des Mohicans sur le sujet… En mai 2012, une résolution invitant à la restriction, voire l'interdiction des amalgames comme matériaux d'obturation dentaire était adoptée par le Conseil de l'Europe. Dans un rapport, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a suggéré l’an passé l'utilisation de matériaux alternatifs et trois pays nordiques interdisaient l'amalgame dentaire. La Suède a décidé de dérembourser les amalgames en 1999, avant de les interdire en juin 2009. L’Arménie, le Danemark, la Géorgie, la Norvège, la Suède et la Suisse les ont également interdits.

 



[1] Comme Jean-Louis Roumégas ou Aline Archimbaud, accompagnés par l’eurodéputée Michèle Rivasi.

 

 



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