Une proposition de loi pour éradiquer l’ambroisie

Le 25 avril 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L’Ambroisie, devant le Pont du Gard.
L’Ambroisie, devant le Pont du Gard.
©Sarah Brunel

Classer l’ambroisie comme végétal nuisible pour la santé publique et organiser son éradication du territoire. Voilà l’esprit de la proposition de loi signée par 23 parlementaires -de l’opposition- pour contrer l’expansion de cette «mauvaise herbe» qui a déjà pris ses quartiers en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Bourgogne et Pays de la Loire. Son tort: provoquer des allergies chez une quantité croissante de la population et coûter cher en désherbage aux agriculteurs. Les députés constatent que «l’absence de textes législatifs ou réglementaires spécifiques (…) freine les actions coordonnées de lutte contre ces plantes (…), car malgré des arrêtés préfectoraux imposant cette lutte dans les départements concernés, une grande disparité existe au niveau local dans l’effectivité de la lutte contre cette plante.» Ils en appellent donc à l’État, aux collectivités territoriales, aux élus, aux propriétaires et gestionnaires de terrains, aux professionnels de la santé, de la recherche, du bâtiment et des travaux publics, aux agriculteurs et aux organismes environnementaux à se coordonner, sous la férule du préfet, pour mener «une gestion efficace de ce nuisible tenace.»

 

«En région Rhône-Alpes, 10 % à 20 % de la population est allergique au pollen d’ambroisie. Ainsi dans cette région, le phénomène a entraîné 20 millions d’euros de dépenses de santé en 2011, d’après les comptes de l’observatoire régional de santé (sécurité sociale, médication, arrêts de travail, etc...)», écrivent les députés. Le pic de pollinisation a lieu fin août, ce qui expose les 1,2 million de Français allergiques aux pollens d’ambroisies (c’est-à-dire les personnes sous exposition pouvant être malades), «ce qui rallonge considérablement la durée des traitements. Au lieu de s’arrêter en juillet après les moissons (graminées), le pic de pollinisation peut durer jusqu’en octobre.»

 

Des considérations agronomiques ne sont pas étrangères à cette proposition de loi. «L’ambroisie se développe particulièrement dans les cultures de printemps dont les tournesols. Les pertes pour les agriculteurs peuvent atteindre les deux tiers des récoltes sans désherbage et un tiers en cas de désherbage mal maîtrisé, selon une étude d’impact du Centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre», précisent les élus. Et de plaider pour le recours à des organismes génétiquement modifiés: «des variétés de tournesols résistants à une molécule herbicide permettraient donc de réduire considérablement le fléau». Tout en précisant toutefois que les causes du développement de l’ambroisie tiennent à la fois à l’environnement, au climat qu’aux pratiques agronomiques, les élus font valoir que «la suppression de certaines molécules d’herbicides rend plus complexe la lutte contre cette plante invasive et nécessite le développement de méthodes de lutte innovantes. »

 

La proposition de loi indique que «tout occupant légal d’une parcelle avec la présence d’Ambrosia artemisiifolia est tenu de procéder, à ses frais, à la suppression de cette plante, avant sa floraison». Les maîtres d’ouvrage ou d’œuvre sont tenu de mettre en place, lors de travaux, «toutes les mesures qui permettent de minimiser les modes de diffusion des semences d’Ambrosia artemisiifolia par divers vecteurs, tels que la terre et les gravats ou les machines agricoles et de chantier.» Notamment par des couvre-sols, permettant d’éviter le développement d’Ambrosia artemisiifolia sur des sols nus. La présence de graines d’Ambrosia artemisiifolia en mélange dans les aliments pour oiseaux sera limitée. Une surveillance aérobiologique des pollens d’ambroisie et une surveillance cartographique de son extension seront mises en place.

 

La PPL a pour l’instant été renvoyée à la commission des affaires sociales.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus