Une première zone blanche pour les électrosensibles aux radiofréquences?

Le 31 octobre 2013 par Marine Jobert
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Saint-Julien-en-Beauchêne, capitale de l'électrosensibilité?
Saint-Julien-en-Beauchêne, capitale de l'électrosensibilité?
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Les Hautes-Alpes pourraient accueillir la première zone blanche «officielle» de France: une centre d’accueil temporaire pour électrosensibles -qui attribuent aux champs et ondes électromagnétiques quantité de souffrances physiques et morales- pourrait être ouvert d’ici deux à trois ans dans un petit village épargné par les antennes de téléphone mobile.

Le domaine de la Chartreuse deviendra-t-il le refuge des électrosensibles de France? Ce centre de vacances détenu par la caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône, sis sur la commune de Saint-Julien-en-Beauchêne (Hautes Alpes), pourrait être transformé d’ici deux à trois ans en un centre d’accueil temporaire pour ceux que l’exposition croissante aux champs ou aux ondes électromagnétiques jette dans une douleur physique, psychique ou morale. A environ 1.000 mètres d’altitude, cette commune de 120 habitants jouit d’une situation qui tend à se raréfier: elle est située en zone blanche, c’est-à-dire que l’on y capte très difficilement, voire pas du tout, de signal permettant de passer des appels avec un téléphone portable. Autant dire un paradis aux yeux des électrosensibles puisque, selon un rapport de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, 99,82% de la population était couverte par les réseaux de téléphonie mobile en décembre 2009, pour 97,7% du territoire.

Village faiblement exposé

En 2011, deux femmes électrosensibles avaient trouvé refuge dans une grotte des alentours. C’est en leur rendant visite que nait chez Michèle Rivasi l’idée que ce petit coin préservé des ondes pourrait devenir un lieu d’accueil. L’eurodéputée écologiste s’attelle au projet. Un budget est consenti par le conseil régional de Provence-Alpes-Cotes d’Azur afin de procéder à des mesures des ondes électriques et radioélectriques sur place, menées cette semaine par le Centre de recherche et d’informations indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). L’endroit s’avère très faiblement exposé.

Une fois finalisée la cartographie des expositions dans les bâtiments du centre de vacances –qui est délaissé depuis trois ans- des personnes électrosensibles à des degrés divers iront visiter les lieux, «pour évaluer leur ressenti biologique», précise Justine Arnaud, attachée parlementaire de Michèle Rivasi. Une étape qui pourrait intervenir avant Noël 2013. Quelques travaux seraient nécessaires alentours, comme la suppression d’une ligne moyenne tension ou l’ouverture de négociations avec les opérateurs de téléphone mobile pour diminuer encore les radiofréquences. «Parfois, on arrive à capter», précise Justine Arnaud. Un bail emphytéotique pourrait alors être passé avec la CAF.

Centre temporaire

Pas question, toutefois, de transformer Saint-Julien-en-Beauchêne en refuge européen pour électrosensibles. Le centre aurait vocation à accueillir, de façon temporaire, une trentaine de «personnes exclues, victimes de discrimination de se ressourcer», explique Michèle Rivasi. Un centre médical y serait installé, qui permettrait notamment de mieux étudier leurs symptômes et de les équiper avant qu’ils ne retournent vers le monde «réel».

Le projet est évalué à près de 2 millions d’euros (rénovation, blindage des réseaux électriques dans les bâtiments, chauffage, etc.). Une somme qui pourrait être prise en charge de façon conjointe par la réserve parlementaire des élus écologistes, des fonds européens, des collectivités locales ou par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui consacre des budgets de recherche à l’électrosensibilité. «Nous envisageons également de créer une société coopérative d’intérêt collectif, pour que les gens sensibles à la question puissent contribuer financièrement au projet», précise Justine Arnaud.

 

Les électrosensibles au ministère de la santé

Sophie Pelletier, du collectif des électrosensibles de France, voit d’un bon œil cette initiative «qui fait la démonstration que c’est possible». Mais elle estime que «c’est au ministère de la santé de prendre ce genre de projet en charge, sans se défausser». Le collectif et Priartem seront d’ailleurs reçues à la Direction générale de la santé le 5 novembre prochain. Seront notamment évoquées la charte et la plate-forme de revendications élaborées par les deux associations, afin de mettre en action des mesures de prévention que les pouvoirs publics sont plus que réticents à adopter.

 

 



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