Une porcherie industrielle abandonnée au pays de Ségolène Royal

Le 11 février 2016 par Yves Leers
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Tout n'est pas bon dans le cochon.
Tout n'est pas bon dans le cochon.
DR

Si les maternités porcines industrielles franchissent facilement l’étape de l’enquête publique et de l’arrêté préfectoral, il arrive que les tribunaux administratifs annulent ces arrêtés pour des raisons environnementales. Cas d’école avec la porcherie de Luzay, dans les Deux-Sèvres, au pays de Ségolène Royal.

A Luzay, 550 habitants, un projet de maternité porcine géante a ainsi été abandonné après des années de contestation devant les tribunaux et une enquête publique qui avait négligé des risques environnementaux relevés ensuite par la justice. Cette maternité était encore plus impressionnante que celle de Poiroux, en Vendée (voir le JDLE du 8 février): 1.028 truies, dont la mission était de mettre bas 25.000 porcelets chaque année. Six éleveurs étaient porteurs de ce projet qui a été définitivement annulé à la fin de l’an passé.

Le 20 septembre 2011, le préfet des Deux-Sèvres avait signé l'autorisation d'exploiter cet élevage, à l'issue d'une procédure d'enquête publique problématique. Plusieurs associations de protection de l’environnement (‘Bon Vent’, mais aussi Deux-Sèvres Nature Environnement, Sèvres Environnement et la fédération de pêche du département) s’étaient alors mobilisées. En compagnie des communes de Luzay et de Missé, elles ont saisi le tribunal administratif de Poitiers qui a annulé l’arrêté du préfet, le 28 mai 2015.

VOLTE-FACE MINISTERIEL

Curieusement, la ministre de l’écologie a déposé le 3 août suivant une requête en annulation de ce jugement devant la chambre administrative de la Cour d’appel de Bordeaux, ce que les porteurs du projet ont fait également. La requête de la ministre a alors ravi les éleveurs et désespéré les environnementalistes qui se sont demandé s’il n’y avait pas là «un compromis entre le gouvernement et les éleveurs dans un contexte très tendu au plan agricole».

Mais en septembre, la requête de la ministre était retirée sans explication, ce qui a mis en rage le président de la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres. Jean-Marc Renaudeau s’était alors dit «stupéfait par la volte-face de la ministre de l’écologie, alors que le dossier avait été instruit d’une manière exemplaire par les services de l’Etat avec toute l’expertise nécessaire pour respecter au mieux l’environnement tout en maintenant l’activité économique sur un territoire».

poulailler géant

Au final, les éleveurs de la SCEA La Micha se sont désistés eux aussi de leur procédure en appel, mettant un terme définitif à ce projet, jugé «très insuffisant» sur le plan hydrologique par le tribunal de Poitiers en raison du risque de pollution des eaux, «en plein relief karstique, truffé de dolines et de gouffres».

Cette affaire à peine close, l’association Bon vent s’est lancée à l’assaut d’un poulailler géant dans la commune proche de Missé. Un poulailler qui a eu l’autorisation préfectorale pour une extension lui permettant de passer de 9.000 volailles à… 341.240.

 



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