Une plateforme mondiale pour l’offshore au large de Toulon

Le 24 avril 2013 par Marine Jobert
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Emplacement du futur centre d’expertise et d’essais en mer profonde, au large de Toulon (Var).
Emplacement du futur centre d’expertise et d’essais en mer profonde, au large de Toulon (Var).
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Saviez-vous qu’un centre d’expertise et d’essais en mer profonde allait voir le jour d’ici quelques années au large de Toulon, à quelques encablures de l’île du Levant (Var)? Ce projet inquiète grandement le collectif «Non aux hydrocarbures en mer», qui a mis la question à l’ordre du jour de sa réunion de ce soir. Dans un communiqué, ces citoyens se demandent s’il s’agit «d'un projet d'étude ou d'une transition rapide vers l'extraction opérationnelle d'hydrocarbures par les groupes pétroliers embusqués derrière l'ancien permis Rhône Maritime, le projet Gold et l’IODP Sur le papier, il s’agirait d’un «outil unique au monde (…) conçu pour répondre aux besoins des grandes compagnies pétrolières et minières qui opèrent à des profondeurs de plus en plus importantes. Il mettra en oeuvre deux plateformes sous-marines implantées à 1300 et 2400 mètres de fond (…) La station de contrôle et de pilotage des plateformes sous-marines sera installée sur l’île du Levant, à l’intérieur du périmètre réservé de la Marine Nationale, où les compagnies clientes du CEEMP pourront conduire et gérer leurs campagnes d’essais», précisait en 2011 dans un communiqué la société Comex, partie prenante à travers la société Abyssea, qui devrait porter le projet de centre[1].

 

C’est sous l’égide du «Pôle Mer PACA» -un pôle de compétitivité mondial labellisé en 2005- que se développe ce projet dont le coût est pour l’instant évalué entre12 et15 millions d'euros. Peu d’entreprises y sont associées officiellement. Mais un coup d’œil à l’origine professionnelle des membres qui constituent le comité de pilotage du Pôle Mer PACA fait toutefois apparaître la diversité des sociétés privées intéressées à son développement. On y retrouve EDF, Thales Underwater Systems, Cesigna, Véolia Environnement ou encore la DCNS (le plus gros employeur industriel du Var). L’ifremer est également partie prenante, ainsi que la Cnim ou Eiffel.

 

Les organismes publics, eux, sont légion, puisque lors des réunions du comité de pilotage, des représentants de la Marine Nationale, de la direction générale de l’armement (DGA), de l’État, de la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie sont conviés. Les collectivités locales sont également de la partie, avec l’implication de la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée, le Conseil Général du Var, des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône, ainsi que le Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur, la Communauté du Pays d’Aix et la Communauté Urbaine de Marseille Provence Métropole.

 

«Ce projet de centre d'essais et d'expertise en mer profonde en création dans le périmètre du parc national de Port Cros et à proximité du sanctuaire Pélagos sera chargé d'accueillir les engins et équipements sous-marins nationaux et internationaux pour des tests et démonstrations en grandeur réelle», s’inquiète le collectif «Non aux hydrocarbures». Interrogé par L’Usine Nouvelle, le responsable du développement des systèmes sous-marins de l'Ifremer confirme les informations collectées. «Grâce à sa proximité avec de grands fonds, propices aux tests de dispositifs susceptibles d'intéresser l'offshore pétrolier, Toulon peut devenir une tête de pont européenne pour les technologies en eaux profondes, même si la sécurité et la sûreté maritime mobilisent davantage les acteurs locaux», affirme Vincent Rigaud. La ville de Toulon est en pleine effervescence, puisqu’en septembre 2012, l'Ifremer y inaugurait un centre européen de recherche en technologies sous-marines essentiellement tourné vers le développement des ‘rov’, ces petits sous-marins contrôlé à distance et dont l’industrie pétrolière et gazière est très friande.

 

Face à ces projets, le collectif annonce vouloir «se procurer dès à présent tout élément pouvant être analysé de façon à appréhender le risque et le danger que le projet représenterait pour les populations du littoral et l'environnement.»



[1] Avec également d’autres actionnaires comme Chrisar Software Technologies, Subsea Tech, Comex, EMC3, Sofresud, Thalaseis, le pôle de compétitivité Mer Paca et la Caisse des dépôts.

 



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