Une pétition pour défendre la médecine du travail

Le 06 mai 2013 par Marine Jobert
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Défendre la médecine du travail pour protéger l'émergence de nouvelles expositions.
Défendre la médecine du travail pour protéger l'émergence de nouvelles expositions.
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Un médecin du travail a t-il le droit d’établir un lien de causalité entre les conditions de travail d’un salarié et son état physique ou psychique? Non, à en croire une société sous-traitante dans le secteur du nucléaire, qui demande à l’ordre des médecins d’Indre et Loire d’engager des poursuites disciplinaires à l’encontre d’un médecin du travail. Deux autres médecins du travail sont également mis en cause par des employeurs pour le même motif. Une pétition pour défendre le droit d’informer les travailleurs du lien entre les risques du travail et les effets négatifs sur leur santé, circule sur internet. Elle est soutenue tant par la profession médicale que par des associations de protection de la santé au travail –comme l’association Henri Pézerat- ou de la santé environnementale –comme le Réseau Environnement-Santé.

 

Quelle faute aurait donc commise le Docteur Dominique Huez? Ce médecin du travail aurait «manqué à ses obligations déontologiques et professionnelles», en rédigeant un certificat médical qui ne se serait pas borné à «la constatation des faits pour laquelle [le médecin] a été sollicité», écrit l’avocate de la société Oryx, sous-traitante d’EDF. Le certificat médical établi par ce médecin du travail, qui se prévaut de «30 ans d’expérience (…) en centrale nucléaire», est implacable pour l’employeur. Il y évoque des «pratiques maltraitantes», «un enchaînement délétère dont [il] ne perçoit pas l’issue». Ce salarié, qui souffre d’une pathologie anxio dépressive, se servira de ce certificat médical pour poursuivre son employeur pour harcèlement moral. La société sous-traitante estime que «de telles dérives apparaissent de plus en plus souvent dans les procédures prud’homales» et qu’il faut les faire sanctionner.

 

Faux, rétorque le Docteur Dominique Huez. «Ce qui se joue ici, c’est le droit légitime de tout travailleur à une information du médecin du travail sur les risques qu’il court personnellement et les effets qu’ils entraînent sur sa santé. L’attestation par certificat médical rédigé par le médecin du travail, spécialiste du lien santé-travail, permet au travailleur de prétendre à une juste réparation», plaide le praticien, qui est attaché à la consultation «souffrance au travail» du CHU Bretonneau. «En mettant en visibilité ce lien le certificat permet également de stimuler la prévention du risque.»

 

Signataire de la pétition, André Cicolella. «Il faut sortir le travail du ghetto dans lequel il se trouve: le travail fait partie de l’environnement, on ne peut le dissocier la vie au travail de la vie à l’extérieur», explique le président du Réseau Environnement-Santé (RES). Et de citer l’exemple de l’exposition au perchloroéthylène sur le lieu de travail –produit qui figure sur la liste des cancérogènes du groupe 2A du CIRC- toujours utilisé dans les pressings. «Une femme enceinte qui habite au-dessus d’un pressing sera mieux protégée que si elle y travaille», s’étonne le spécialiste de l'évaluation des risques sanitaires, qui décrit le médecin du travail comme une «vigie». Une vision que confirme Odile Riquet, la présidente de l'association Santé et Médecine du travail: «ce qui se joue avec cette affaire, c'est la capacité des médecins du travail à mettre en avant de nouvelles expositions «Les nuisances physiques, ergonomiques, psychiques et chimiques forment un ensemble», confirme André Cicolella.

 



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