Une nouvelle bactérie antibiorésistante, chez la vache et l’homme

Le 08 juin 2011 par Romain Loury
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Une nouvelle souche de streptocoque doré antibiorésistant a été découverte dans du lait de vache et chez des personnes hospitalisées, lors d’une étude britannique suggérant l’existence d’un réservoir bovin, publiée dans la revue Lancet Infectious Diseases.
 
Les Streptococcus aureus résistants à la méticilline (Sarm, ou MRSA en anglais) [1] posent un problème majeur de santé publique, notamment à l’hôpital, du fait qu’ils ne répondent pas à plusieurs antibiotiques. Et la nouvelle souche, découverte par une équipe de l’université de Cambridge alors qu’elle cherchait l’origine de cas de mastite (inflammation des pis) chez des vaches, n’a rien pour rassurer.
 
Baptisée LGA251, cette souche diffère de celles connues jusqu’alors, résistantes ou non à la méticilline. Car s’il s’agit bien d’un Sarm, il ne répond à aucun des tests standards permettant de le différencier des souches sensibles. Une raison simple à cela: le gène mecA, impliqué dans la résistance à la méticilline, n’est homologue qu’à 70% au gène normal. Ce qui l’empêche d’être détecté par le test classique.
 
Surprise: cette même bactérie mutante, identifiée dans plusieurs troupeaux à travers le pays, est également retrouvée chez des patients hospitalisés, au Royaume-Uni comme au Danemark. Ainsi que chez des patients irlandais et allemands, selon une autre étude publiée dans la revue Antimicrobial Agents & Chemotherapy.
 
Un résultat qui suggère l’existence d’un réservoir bovin de ce Sarm… mais peut-être pas une transmission alimentaire, selon les chercheurs. «La pasteurisation du lait va prévenir tout risque d’infection par la chaîne alimentaire, mais les individus en contact avec le bétail ont peut-être un risque élevé», avancent-ils.
 
Reste à mieux connaître la prévalence de cette bactérie mutante. L’étude permet déjà à l’équipe d’avancer quelques chiffres: 1,4% des bovins touchés, 2,8% des troupeaux. Et chez l’homme, entre 0,2% et 1% des Sarm pourraient être de ce nouveau type.
 
[1] Les streptocoques dorés entraînent plusieurs affections, allant des infections cutanées mineures à des septicémies et des pneumonies. Des maladies encore plus problématiques lorsque le germe résiste aux antibiotiques, comme les Sarm.


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