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Une meilleure santé sans viande rouge?

Le 21 mars 2012 par Romain Loury
La consommation de viande réduirait l'espérance de vie ?
La consommation de viande réduirait l'espérance de vie ?

Remplacer la viande rouge par d’autres sources de protéines permet d’abaisser son risque de mortalité, aussi bien par cancer que par maladie cardiovasculaire, selon une étude américaine publiée dans les Archive of Internal Medicine.

S’il existait déjà des soupçons sur la viande rouge, l’équipe de Frank Hu, de la Harvard School Public Health (Boston, Massachusetts), vient d’enfoncer le clou: chaque ration quotidienne serait liée à une hausse de 12% du risque de mortalité, particulièrement de maladies cardiovasculaires (16%) et de cancers (10%).

Ces chiffres ressortent d’une analyse menée sur 37.698 hommes et 83.644 femmes, suivies entre 1986 et 2008. Sur cette période, 9,3% des décès masculins et 7,6% des décès féminins auraient pu être évités si tous les participants avaient consommé moins de 0,5 ration de viande rouge par jour.

Nouveauté de l’étude, elle révèle que le fait de remplacer une ration de viande rouge par un autre aliment riche en protéines (mais moins chargé en graisses) permettrait de diminuer les risques, de 14% avec le poulet, de 7% avec le poisson et même de 19% avec les noix.

Selon les chercheurs, les lipides de la viande rouge, comme le cholestérol et les acides gras saturés, ne sont pas les seuls responsables: à haute dose, le fer serait aussi délétère, aussi bien pour le cœur qu’en termes de cancer. Quant au sodium et aux nitrites, leur abondance dans les viandes transformées expliquerait le risque encore plus marqué observé avec le bacon et les hot-dogs.

Défendant «l’élément sain d’un régime équilibré» que serait la viande rouge, l’American Meat Institute (AMI), qui regroupe les producteurs de viande américains, met en doute (http://www.meatami.com/ht/display/ReleaseDetails/i/76257) ces travaux, critiquant la méthode qui consiste à analyser des régimes sur une simple déclaration des participants.

Parmi ces personnes, celles consommant le plus de viande rouge étaient moins actives physiquement, fumaient plus, consommaient plus d’alcool et étaient plus souvent en surpoids. Si les chercheurs ont bien pris en compte l’ensemble de ces facteurs, «les chances de conclusions erronées sont élevées», juge l’AMI.

Point positif pour les auteurs -qui ont déjà révélé, en 2011, un lien entre viande rouge et diabète-, sa consommation a fortement baissé entre 1986 et 2006, particulièrement chez les femmes (de 1,1 à 0,55 portion par jour). Une évolution confirmée début mars par l’ONG américaine Earth Policy Institute (EPI).

Selon un bilan (http://www.earth-policy.org/data_highlights/2012/highlights25) reposant sur des données du département de l’agriculture (USDA), les Etats-Unis auraient atteint leur pic de viande en 2004, avec 84 kilogrammes de viande par habitant cette année-là. A 78 kg/hab en 2011, la baisse est continue depuis ce «Meat Peak», phénomène qui n’avait été observé qu’au début des années 1940. La viande de bœuf est quant à elle en recul depuis les années 1970, au profit de celle de volaille.