Une manifestation anti-pesticides à Bordeaux

Le 15 février 2016 par Marine Jobert
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Plus de 600 manifestants à Bordeaux.
Plus de 600 manifestants à Bordeaux.
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Près de 600 personnes ont défilé dimanche 14 février dans les rues de Bordeaux, afin de protester contre l’utilisation massive de pesticides dans le vignoble. La Gironde est le département le plus consommateur des pesticides les plus toxiques, a rappelé l’émission Cash Investigation, diffusée le 2 février sur France 2, provoquant un grand émoi dans la société civile. On y montrait notamment la présence de résidus de pesticides dans les cheveux des enfants vivant ou scolarisés à proximité de zones régulièrement traitées avec des produits homologués, mais très toxiques.

De nombreuses associations appelaient au rassemblement, comme la Confédération paysanne 33, Générations futures, le collectif Alerte Pesticides Léognan, Les Amis de la Terre ou encore Allassac ONGF. Mot d’ordre: appeler la société civile à «protéger ses enfants, [en montrant] sa volonté de faire cesser le déni et l’omerta des institutions viticoles».

A l’origine de cette marche blanche, deux femmes engagées dans un bras de fer éprouvant avec le monde viticole. La première, Valérie Murat, a vu son père viticulteur mourir en 2012 d’un cancer lié à l’arsénite de sodium. Elle est parvenue, après une plainte contre X pour homicide involontaire, à ce que le pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris ouvre une enquête préliminaire en juillet 2015. La seconde, Marie-Lys Bibeyran, s’est lancée dans le combat contre les pesticides après la mort de son frère en 2009.

La culture de la vigne est un chaînon essentiel de l’économie girondine, puisqu’elle concerne 78% des exploitations agricoles et génère 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

 

La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a demandé vendredi 12 février à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) «de réexaminer immédiatement l’ensemble des préparations de glyphosate contenant des adjuvants à base d’amines grasses de suif (tallowamine)» et l’invite «à retirer d’ici la fin du mois de mars les autorisations de mise sur le marché des préparations phytopharmaceutiques contenant ces coformulants présentant des risques préoccupants».

Cette décision fait suite à l’expertise remise vendredi par l’Anses qui concluait, au diapason de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) en novembre 2015, que «les informations disponibles sur les risques du glyphosate seul ne justifient pas, à ce stade, un classement cancérogène probable». Toutefois, l’Anses estime que «le mélange du glyphosate avec certains coformulants, notamment des coformulants de la famille des tallow amines, peut présenter des risques particuliers pour les utilisateurs du grand public ou du monde agricole».

 

 

 



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