Une longue métamorphose à Salsigne

Le 10 janvier 2007 par Agnès Ginestet
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difpolmine
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Il y a 6 ans, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) entamait des travaux de réhabilitation à la Combe du Saut, lieu tristement connu pour sa pollution lourde à l’arsenic. Aujourd’hui, les déchets ont été évacués ou confinés, et des végétaux plantés dans le cadre d'une phytostabilisation.

15.000 tonnes de minerai traitées, 15.000 tonnes de déchets mises au jour. L'exploitation de l'or a certes fait les beaux jours de la vallée de l'Orbiel. Mais elle a aussi laissé derrière elle des problèmes conséquents, qui ont irrémédiablement marqué l'environnement et la population voisine.

Quatre propriétaires occupaient le site de la Combe du Saut, sur la commune de Salsigne dans l'Aude. Parmi eux, la Mine d'or de Salsigne (MOS) exploitait la mine et traitait le minerai par hydrométallurgie. Elle a arrêté son activité en 2004 et réhabilité une partie du site avec le soutien du gouvernement. La Société d'exploitation de la pyrométallurgie de Salsigne (SEPS) est en liquidation judiciaire depuis 1996. Le site qu'elle occupait étant à responsable défaillant, c'est l'Ademe qui a été désignée maître d'ouvrage. «Il y a là un vide juridique, notamment sur ce que sont la mise en sécurité et la réhabilitation», estime Gérard Riguidel, délégué régional de l'Ademe Languedoc-Roussillon.

Mais en quelques années, l'endroit a bien changé. Les vieux bâtiments industriels ont disparu, et le site vallonné qui peut maintenant accueillir de la végétation se fond de plus en plus dans le paysage. En effet, un vaste programme a été mis en place, qui s'est échelonné de 2000 à 2006, comprenant l'évacuation de déchets riches en arsenic, la démolition des bâtiments du site, la construction d'une station de traitement d'eau, l'excavation de 450.000 mètres cubes (m3) de terre, le confinement de déchets dans une alvéole protégée par une géomembrane et la mise en oeuvre d'un procédé de phytostabilisation.

Cette dernière étape est l'action phare de Difpolmine, un projet du programme européen Life (1). Elle a été présentée lors du colloque «Quel devenir pour les grands sites pollués par des métaux?» qui a eu lieu du 12 au 14 décembre à Montpellier (Hérault). Il s'agit d'introduire de la grenaille de fer dans le sol, ce qui immobilise l'arsenic et permet ainsi à des végétaux adaptés de se développer en surface. «Ces plantes réduisent la percolation de l'arsenic résiduel dans l'eau et limitent l'impact des gros orages. Elle permettent de mieux réguler la répartition de l'eau sur le terrain», explique Michel Mench, directeur de recherche à l'Institut national de recherche agronomique (Inra) de Bordeaux (Gironde). L'objectif est ainsi de diviser par 10 les transferts d'arsenic vers la rivière.

Au total, le projet aura coûté 24,1 millions d'euros, 18 ayant été apportés par l'Ademe. Du côté des riverains, on est certes satisfait du résultat. Mais la bataille a été longue et difficile, et la pollution à travers les poussières et l'eau n'a pas été sans conséquences. «Des personnes sont atteintes dans leur santé, dans leur vie», a tenu à souligner Guy Augé, président de l'association des riverains. En attendant, un arrêté préfectoral interdit toujours la commercialisation de produits comestibles cultivés dans certains secteurs de la vallée de l'Orbiel.




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