Une lame de réactions après le débarquement de Delphine Batho

Le 03 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Barbara Pompili veut être rassurée.
Barbara Pompili veut être rassurée.
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C’est peu dire que le débarquement brutal de Delphine Batho a été abondamment commenté.

Nombre de confrères parisiens, à l’instar de Dominique Seux des Echos, estiment que l’ex-ministre de l’écologie était «une erreur de casting». Une position partagée par l’ex-ministre de l’environnement Corine Lepage, selon qui Delphine Batho «n’a pas fait le job.»

Pour Hubert Coudurier, la décision présidentielle est un acte politique attendu. «Peut-être le Président a-t-il fini par comprendre qu'il peut tenir sa majorité sans dire oui à tout le monde. À tout le moins le test avec les écolos auxquels il a beaucoup donné sans rien recevoir est intéressant», s'amuse l’éditorialiste du Télégramme. «En coulant Delphine Batho, l'Elysée et Matignon adressent un avertissement à l'allié écolo qui, ces temps-ci, faisait entendre des états d'âme sur sa participation au gouvernement», juge Philippe Waucampt du Républicain Lorrain.

Nicolas Demorand, dans Libération, rappelle que l’ex-ministre a été licenciée «pour avoir simplement dit la vérité» (un «mauvais budget»). «Le chef de l'État - mais là, ce n'est pas nouveau, décapite pour la seconde fois le ministère de l'Écologie comme pour mieux indiquer qu'il n'a vraiment pas la main verte avec ses alliés gênants», estime, pour sa part, Yann Marec dans Le Midi Libre. «L'écologie n'est plus une priorité», estime-t-il. Même constat pour Olivier Pirot. «François Hollande disait pendant la campagne qu'il voulait faire de la France +la nation de l'excellence environnementale+. Il envoie pourtant cette fois, l'exact signal inverse», estime le journaliste de La Nouvelle République du Centre Ouest.

Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Pascal Coquis n'y va pas par quatre chemins: «Virer deux ministres de l'écologie en un petit peu plus d'un an n'est pas qu'un record, c'est une provocation en duel sur le pré au petit matin.» «La valse des ministres de l'écologie (trois en un an) souligne une absence de réelle considération. Pendant combien de temps encore, les Verts accepteront-ils de mendier quelques avancées ? Il faut en tout cas à leurs ministres un solide appétit de pouvoir pour avaler autant de couleuvres», affirme Jacques Camus de La Montagne Centre-Presse.

Souvent critiques à l’égard de l’ex-ministre, les ONG affichent une certaine inquiètude après le départ de Delphine Batho. «Ce n'est pas un bon signal de virer encore la ministre de l'Ecologie», a déclaré à l'AFP le porte-parole de France Nature environnement (FNE), Benoît Hartmann. «Le gouvernement a décidément bien des difficultés avec l'écologie», estime Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation Nicolas Hulot. «En quoi cela pourrait être positif à 15 jours de la fin du débat sur l'énergie et alors que des décisions importantes doivent être prises dans les jours à venir sur la fiscalité écologique?», ajoute-t-il.

«Alors que les Ministres les plus rétrogrades, opposés aux changements et à la transition écologique, s'expriment librement pour défendre les gaz de schiste ou l'énergie nucléaire sans être inquiétés, l'unique et première fois où Delphine Batho défend l'écologie à travers son budget, elle est contrainte au départ», accuse Greenpeace, faisant allusion au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Sur RTL, Pascal Durand, secrétaire national de EELV, a soutenu l’ex-ministre, avant que ne soit connue la décision de l’Elysée: «Delphine Batho est en colère parce qu’elle défend l’écologie», a plaidé l’avocat. Après une réunion de crise, avec les deux ministres EELV, les dirigeants du parti écologiste ont toutefois choisi de ne pas quitter le gouvernement: «On attend notamment de rencontrer Jean-Marc Ayrault. J'espère qu'on va le rencontrer assez vite. On a besoin d'avoir des éléments qui nous rassurent sur ce que veut faire ce gouvernement par rapport à l'écologie»,indiquait, hier soir, Barbara Pompili, cheffe de file des députés écologistes.

Interrogé, mercredi 3 juillet, sur France Inter, Daniel Cohn Bendit a demandé au gouvernement la publication rapide d’une «feuille de route pour la transition écologique». Un programme qui devra notamment comprendre, a insisté l’eurodéputé EELV, la date de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et le montant des investissements d’avenir concernant l’écologie: «il faudra que ça se voit».



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