Une fuite de benzène sur un site de Total petrochemicals

Le 15 janvier 2007 par Claire Avignon
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En 19 mois, deux incidents sur un site de production de produits pétrochimiques mosellan appartenant à Total ont montré des déficiences dans la communication de l’industriel.

Lundi 8 janvier, vers 16 heures 30, le site de Total petrochemicals de Carling (Moselle) émet des valeurs anormalement élevées de benzène. Pourtant, ce n'est que le lendemain matin que la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Lorraine en est informée; de même que L'Hôpital, la commune riveraine de l'installation, touchée par la pollution. Or, rappelle Maxime Courty, ingénieur divisionnaire à la division environnement de la Drire Lorraine, même s'il ne s'agit pas d'un incident aux conséquences importantes, «il existe une obligation d'information sans délai». Le benzène est classé cancérogène par l'Union européenne.

Pour Total petrochemicals, les «valeurs constatées étaient bien inférieures au seuil d'alerte des services de protection civile» et l'incident a eu lieu en fin d'après-midi, deux circonstances qui justifient que les acteurs n'aient été prévenus que le lendemain matin. D'autant plus que Total a «immédiatement» mené des investigations, identifié le réservoir de stockage de benzène à l'origine de la fuite, et isolé l'échangeur thermique défaillant pour stopper la fuite. «L'incident a été maîtrisé à 20 heures, avec un retour rapide à la normale», précise le géant pétrolier.

Ce n'est pas la première fois que le site de Carling est le lieu de problèmes de communication. En juin 2005, des riverains avaient été victimes d'irritation, alors même que Total ne s'était pas encore rendu compte qu'un nuage de styrène, à l'origine des maux, s'était formé. L'incident avait eu lieu pendant une rupture d'approvisionnement en électricité. Et ce n'est que le lendemain midi que les problèmes de santé et le dysfonctionnement de la production de polystyrène (qui nécessite du styrène) ont été associés. Ce qui a créé, à l'époque, une polémique relancée par l'incident du 8 janvier.

Etrangement, pour ce dernier problème, Total n'a pas utilisé le nouveau dispositif d'«information à chaud» (1), présenté par le ministère en charge de l'environnement, l'Union des industries chimiques (UIC) et surtout l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Cette communication doit, entre autres, permettre de restaurer la confiance entre industriels et riverains. «C'est un processus assez récent, justifie Frédéric Mombrun, responsable de la communication de Total petrochemicals. Je ne sais pas si l'incident rentre dans ce cadre.»



(1) Voir l'article du JDLE intitulé «Les installations Seveso misent sur «l'information à chaud»




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