Une finance climatique toujours balbutiante

Le 30 novembre 2018 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Un Climate Finance Day terni par le rapport Oxfam sur les financements des banques fran_aises dans les énergies fossiles
Un Climate Finance Day terni par le rapport Oxfam sur les financements des banques fran_aises dans les énergies fossiles

Le premier bilan de la 4e édition du Climate Finance Day s’est tenu à Paris le 28 novembre: investisseurs, gestionnaires d’actifs et banques intègrent le climat dans leur stratégie. Mais balbutient lorsqu’il s’agit de financer des projets bas carbone. Explications.

Si l’objectif de mettre les flux financiers au niveau des efforts à produire pour contenir le réchauffement au-dessous de 2°C, voire de 1,5°C, est explicite dans l’Accord de Paris, le secteur financier en est aux antipodes. Seulement 0,5% des portefeuilles des investisseurs internationaux contribuent à la transition vers une économie bas carbone, selon le premier rapport de l’observatoire Climate Chance réalisé avec l’association Finance for tomorrow.

Des banques frileuses

Faisant la une des journaux, les Green Bonds sont rarissimes dans les places de marchés. Les financements verts représentent 0,5% du volume du marché obligataire (0,5%) mais 15% des prêts syndiqués des banques. Les banques publiques font mieux: une banque multilatérale de développement sur 4 consacre 25% de ses financements à des projets bas carbone.

Mais il y a d’autres façons de décarboner l’économie. La Caisse des dépôts a ainsi annoncé 16 milliards d’euros de prêts verts aux entreprises et aux territoires français d’ici 2020. La Vieille dame n’investira plus dans les entreprises dont l’exposition à l’activité au charbon dépasse 10% du chiffre d’affaires (contre 20% aujourd’hui). De son côté, Natixis Assurances a promis de consacrer 10% de ses investissements à des actifs verts au plus tard en 2030.

1.450 milliards de dollars (1.280 Md€). C’est le montant faramineux des produits ‘verts’ émis dans le monde en 2018, selon HSBC: plus du triple du montant comptabilisé en 2013.

Le secteur bancaire n’en reste pas moins terni par le rapport d’Oxfam publié le 24 novembre. Selon l’ONG, les banques françaises ont financé les énergies fossiles à hauteur de 43 Md€ en 2016 et 2017 contre 12 Md€ seulement aux énergies renouvelables. Oxfam vise en particulier BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel-CIC et la Banque Postale.

Des stratégies plus ou moins engageantes

Côté planification, des progrès sont plus nets. 42% des investisseurs ont intégré des stratégies liées au changement climatique en 2017, contre 20% en 2016. Même évolution pour 90% des gestionnaires d’actifs et 58% des banques. Concrètement, ces stratégies visent, pour les investisseurs, à engager les actionnaires (15% en 2017) en faveur de la transition vers une économie décarbonée. Pour les banques, il s’agit pour la moitié d’entre elles de dialoguer avec leurs clients sur les questions climatiques et pour deux tiers de pratiquer des politiques d’exclusion liées au climat.

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus