Une filiale d’Areva condamnée pour pollution d’un cours d’eau

Le 22 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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La Comurhex, une filiale à 100% d’Areva spécialisée dans la transformation de l’uranium, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Narbonne, le 16 décembre, à 60.000 euros d’amende pour pollution des eaux.

 
Son usine de Malvézy, dans l’Aude, a émis des rejets de substances polluantes, entre le 21 et le 25 août 2009, qui ont provoqué la mort de nombreux poissons. L’installation transforme l’uranium naturel en tetrafluorure d’uranium (UF4), qui est transformé à l’usine de Pierrelatte en hexafluorure d’uranium (UF6) puis enrichi pour produire un combustible servant aux centrales nucléaires.
 
La Comurhex a été condamnée à 60.000 € d’amende dont 20.000 € avec sursis. Les associations France Nature Environnement (FNE) et Eccla (Ecologie du Carcassonnais, des Corbières et du littoral audois), qui s’étaient portées parties civiles, ont obtenu 5.000 € chacune de dommages-intérêts. Elles se sont félicité du jugement dans un communiqué du 21 décembre, rappelant qu’il sanctionnait des négligences graves dans l’exploitation d’un site industriel, classé Seveso II.
 
Selon FNE, la fuite de l’usine de Malvézy a émané d’un tuyau corrodé, provoquant le rejet d’effluents toxiques dont de l’ammonium (NH4+). Ces substances ont détruit l’ichtyofaune. Par précaution, la pêche avait été suspendue en aval pour des motifs sanitaires. L’association estime que la fuite aurait pu être évitée si le personnel ne s’était pas contenté de débrancher les alarmes qui se sont déclenchées à plusieurs reprises.
 
Pour Maryse Arditi, présidente d’Eccla, les négligences de la société sont gravissimes. «De nombreux incidents avaient déjà eu lieu sur le site et lors de cet épisode, l’entreprise s’est efforcée de faire disparaître toute trace de pollution et s’est bien gardé d’alerter immédiatement les services de l’Etat comme l’exige pourtant la réglementation», estime l’ancienne présidente de l’Ineris.
 «De toute évidence, la filière nucléaire n’est pas aussi sûre que certains le proclament, semble-t-il par principe», affirme, de son côté, Raymond Leost, responsable juridique de FNE.
 
Laconique, le responsable de l’usine s’est contenté de déclarer à l’AFP que «quelques dizaines de poissons sont morts» et que la société avait «remédié aux défaillances matérielles et humaines ayant provoqué la fuite». La société n’a pas indiqué si elle allait faire appel. Aucune mention de cette condamnation n’est d’ailleurs publiée sur le site internet du groupe.
 
Sur le plan économique, les usines de Comurhex implantées à Malvézy et à Tricastin (Drôme) sont arrêtées pour les deux derniers mois de l’année en raison de la baisse de la demande des électriciens japonais, les principaux clients d’Areva après EDF.


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