Une faillite en eau profonde

Le 09 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les services de Maria Damanaki ne disposent pas de toutes les donner pour bien juger.
Les services de Maria Damanaki ne disposent pas de toutes les donner pour bien juger.

Dans un communiqué, mis en ligne mardi 9 octobre, la Commission se félicite, un peu vite, de sa gestion de la pêche en eau profonde. Bruxelles y présente ses propositions de quotas de pêche; lesquelles ne devraient pas trop déplaire aux pêcheurs et armateurs.

«Conformément aux avis scientifiques, la Commission propose, par rapport à l’année 2012, d'augmenter les totaux admissibles des captures (TAC) pour trois stocks, de les diminuer pour 13 stocks et de les maintenir à leur niveau actuel pour 8 stocks (y compris des TAC zéro pour 6 stocks).»

Pour 2013, Bruxelles suggère d’augmenter de 77 % les TAC pour le stock de grenadier de roche à l’ouest des îles britanniques (pour le porter à 4 500 tonnes). «Ces niveaux de pêche devraient permettre de ramener ce stock à des niveaux durables d'ici à 2015.»

La Commission propose également d'augmenter, respectivement, de 20% et de 5% les TAC pour deux stocks de sabre noir des eaux occidentales (Ouest de l'Écosse/Irlande). Pour les autres stocks de sabre noir et de grenadier de roche, il est proposé de réduire ou de maintenir inchangés les TAC actuels.

«Conformément à l'approche de précaution, la Commission propose de réduire de 20 % les TAC de dorade rose et de lingue bleue, car l'état de conservation de ces stocks n'est pas pleinement connu.»

Ces grands déclarations ont de quoi faire sourire. En effet, dans le même communiqué, la Commission reconnaît que les données sur lesquelles elle s’appuie pour distribuer les quotas ne valent pas grand’chose. «À deux exceptions près, les données disponibles sur les stocks d’eau profonde sont insuffisantes pour permettre aux scientifiques d'évaluer intégralement l'état des stocks, qu'il s'agisse du nombre de poissons ou de la mortalité par pêche», reconnaissent les services de Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche.

Plus grave, pêcheurs et armateurs semblent se soucier des quotas comme de leur première vareuse de marin. Dans un article récemment publié dans Ocean et Coastal Management, une équipe internationale estime que les quotas européens ne sont pas distribués selon l’état de la science. Les neuf auteurs de l’étude affirment, en outre, que durant la période 2002-2011, les prises d’espèces vivant à grande profondeur ont été, en moyenne, 3,5 fois supérieures aux quotas.



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