Une espèce vertébrée sur deux a disparu de la planète

Le 27 octobre 2016 par Stéphanie Senet
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58% des espèces de vertébrés ont disparu entre 1970 et 2012
58% des espèces de vertébrés ont disparu entre 1970 et 2012

58% des espèces de vertébrés ont disparu de la planète entre 1970 et 2012, alerte le WWF dans l’édition 2016 de son rapport Planète vivante, dévoilée ce 27 octobre. Les populations d’eau douce sont les plus menacées.

 

«L’amplitude de notre impact est telle que l’Anthropocène pourrait bien constituer le théâtre de la 6e grande extinction de masse», prévient le WWF. L’indice Planète vivante, qui mesure 14.152 populations appartenant à 3.706 espèces de vertébrés[1] (mammifères, oiseaux, poissons, amphibiens, reptiles) confirme une tendance chronique à la baisse.

Dans le monde, ces populations ont en effet régressé de 58% entre 1970 et 2012, selon le bilan dressé en collaboration avec la Société zoologique de Londres et le Global footprint network. Elles chutent à un taux moyen annuel de 2% sans qu’aucun signe de ralentissement n’apparaisse. «Si rien ne change, la régression pourrait atteindre 67% d’ici la fin de la décennie», alerte Marco Lambertini, directeur général du WWF International. En 2014, la précédente édition de Planète vivante tablait sur une baisse de 52% entre 1970 et 2010.

Globalement, la perte des habitats représente toujours la première menace pour les vertébrés, à cause de l’agriculture et de l’exploitation forestière non soutenables, mais aussi des changements d’affectation des systèmes d’eau douce.

 

Au niveau mondial, les éléphants sont tués à un rythme supérieur au taux de croissance des populations. Dans la région de Selous-Mikumi (Tanzanie), la chute est vertigineuse. On ne compte plus que 15.000 pachydermes en 2014, contre 45.000 en 2009. Soit 66% de régression en 5 ans!

 

38% d’espèces terrestres en moins

Si l’on se focalise sur les espèces terrestres, la régression s’avère un peu moins forte, avec une chute de 38% des populations depuis 1970. Une différence que l’ONG met sur le compte de la création d’aires protégées, qui occupent désormais 15,4% de la surface terrestre de la planète.

 

ALERTE ROUGE EN EAU DOUCE

Les populations vivant dans les écosystèmes d’eau douce sont les plus fortement touchées, avec une chute de 81% des effectifs entre 1970 et 2012. En cause: la perte de leurs habitats, bien sûr, mais aussi la surexploitation, le changement climatique, les pollutions, les espèces invasives et les maladies. Les dauphins du fleuve Irrawaddy, en Birmanie, sont par exemple victimes des ravages de la pêche aux filets maillants.

Les zones humides ne sont pas épargnées. Elles ont été réduites de 27% entre 1970 et 2012 dans les zones intérieures et de 38% sur les littoraux. Résultat: elles ont globalement reculé de 30% sur la planète en 42 ans.

 

3.700 grands barrages sont actuellement en projet ou en cours de construction au plan mondial. Objectif: produire de l’hydroélectricité ou répondre aux besoins d’irrigation.

Les espèces marines, pour leur part, enregistrent un déclin de 36% entre 1970 et 2012. En réalité, la variation de l’indice (une baisse jusqu’à la fin des années 1980 puis une stagnation) correspond précisément à l’évolution des captures halieutiques mondiales.

 

L’agriculture et l’énergie pointées du doigt

Pour inverser ces courbes, le WWF souligne la nécessité de réformer au plus vite l’agriculture et l’énergie. En changeant de mode alimentaire, les pays développés pourraient ainsi réduire leur apport en protéines animales. Autres pistes déjà connues: réduire la production de déchets au sein de la chaîne alimentaire et substituer aux intrants chimiques des alternatives naturelles. La réforme énergétique représente le deuxième défi, avec un nécessaire basculement vers les sources d’énergie renouvelables.

«On puise dans notre capital naturel de plus en plus tôt», conclut Pascal Canfin, directeur général du WWF France, en référence au 8 août dernier, date à partir de laquelle notre empreinte écologique (émissions de CO2, pêche, élevage, cultures, construction, prélèvements d’eau) a dépassé les ressources disponibles sur la planète[2]. L’an dernier, ce ‘jour de la dépendance’ avait eu lieu 5 jours plus tard. En 1970, c’était le 23 décembre.



[1] Depuis la dernière édition, 668 espèces et 3.772 populations ont été ajoutées.

[2] A ce rythme, nous avalons 1,6 planète par an pour satisfaire nos besoins.

 

 



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