Une espèce de rapaces victime du froid printanier

Le 15 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Le circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus)
Le circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus)

Les ornithologues n’avaient jamais vu cela. Onze circaètes Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) ont été recueillis totalement affamés. Ces grands rapaces, qui ressemblent à des buses variables, se nourrissent exclusivement de reptiles et plus particulièrement de serpents parmi lesquels les grandes couleuvres. Une telle spécialisation est d’ailleurs un phénomène assez rare chez les rapaces.

Mais avec le froid du mois d’avril, ces oiseaux n’ont pas réussi à trouver de proies, les serpents étant retournés se cacher en attendant le retour de la chaleur. Résultat: les oiseaux étaient si dénutris qu'ils ne pouvaient plus voler, en plein mois d'avril. «Or ils sont capables de jeûner une semaine mais pas plus», a expliqué au journal Le Figaro, Gérard Grolleau, président de l'Union française des centres de sauvegarde. Et ils ne savent pas se nourrir autrement. Ils ne sont pas assez rapides pour fondre sur un rongeur. «Ils n'ont pas la rapidité d'un faucon pèlerin», poursuit le responsable associatif.

Les circaètes Jean-le-Blanc, qui nichent au sud d’une ligne allant de la Vendée au Jura, passent l'hiver en Afrique avant de revenir en France au printemps. Les responsables des centres de sauvegarde de la faune sauvage ont recueilli en quelques jours 11 de ces rapaces à l'envergure royale (entre 1,70 et 1,90 mètre). La plupart d'entre eux ont été trouvés dans le grand Sud-ouest. «Parmi les personnes qui nous les ont amenés, deux d'entre elles les avaient trouvés dans leur jardin», rajoute Gérard Grolleau. «L'un des oiseaux ne pesait plus que 830 grammes contre 1,5 à 1,7 kg en temps normal», poursuit-il.

Longtemps ces rapaces ont été chassés, accusés à tort de s'attaquer au gibier. Le circaète Jean-le-Blanc bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981. Il est aussi inscrit à l'Annexe 1 de la directive Oiseaux de l'Union européenne, protégeant les populations d'oiseaux sauvages menacées.

Sur les 11 oiseaux récupérés, 4 sont morts, malgré les soins. Les 7 autres devraient retrouver les grands espaces après une séance de gavage. «Le nombre de recueils en une année varie habituellement de 10 à 20 individus, la dénutrition étant une cause rare», complète Gérard Grolleau. «Mais surtout on se demande combien sont morts sans avoir pu être secourus.» Il est possible que leur nombre soit beaucoup plus important.

On estime entre 2.400 et 2.900 le nombre de couples présents en France. Mais les circaètes ne pondent qu'un seul œuf par an. L’espèce étant très surveillée, une chute dans la population devrait cependant se remarquer facilement.

 

 



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