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Une crise des ressources après la crise financière?

Le 02 novembre 2009 par Sonia Pignet

Le secteur des déchets est l’une des branches les plus touchées par la crise. La chute des cours des métaux a entrainé un ralentissement du recyclage et une augmentation des stocks de déchets. Au point d’inquiéter les parlementaires, qui ont axé leurs 4e Rencontres sur les déchets autour de la politique des déchets à l’épreuve de la crise.

«La crise est profonde, elle va redistribuer les cartes entre les régions. Celles qui s’en sortiront bien seront dans la rupture, et non dans la continuité», a estimé Michel Quatrevalet, président du groupe Déchets au Mouvement des entreprises de France (Medef), lors des 4e rencontres parlementaires sur les déchets qui se sont tenues en octobre. Des parlementaires, bien sûr, mais aussi des représentants de fédérations professionnelles et des chercheurs en économie et droit de l’environnement, se sont interrogés quant à l’impact de la crise sur les objectifs nationaux en matière de déchets, et les façons de soutenir le recyclage.

En filigrane, la mise en œuvre de la directive-cadre Déchets, qui impose de privilégier d’abord la prévention, puis le recyclage matière, la valorisation énergétique et enfin, en dernier recours, la mise en décharge. Or, le recyclage subit de plein fouet la crise économique. «Actuellement, les entreprises de recyclage stockent les déchets, sans pouvoir les transformer, du fait de la faiblesse des cours et du manque de débouchés», rappelle Michel Quatrevalet. Pour Guy Geoffroy, député de Seine-et-Marne et président des Eco-maires, la crise va donc obliger les collectivités à penser plus encore à la complémentarité des modes de traitement. «En ce sens, elle n’est pas un handicap, mais plutôt un encouragement à mettre en œuvre les réglementations.»

A condition, bien sûr, de ne pas pénaliser les collectivités avec une TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) systématique sur l’incinération, qui se répercute sur le prix de la tonne de déchets traités. «La fiscalité ne peut être une fin en soi», dénonce-t-il. «Il faudrait qu’elle soit adaptée à ce qu’on fait à chaque étape. Par exemple, si on enfouit ce qui aurait pu être méthanisé, d’accord. Mais on ne devrait pas être puni pour des déchets qu’on collecte de mieux en mieux», a-t-il plaidé. Luc Valaize, président du Syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains (SVDU) a d’ailleurs rappelé que la Suède avait supprimé la taxe sur l’incinération après trois années d’existence, car elle n’avait pas eu d’impact sur les quantités recyclées. «En Europe, les pays qui incinèrent le plus sont aussi ceux qui trient et recyclent le plus», a-t-il affirmé en s’appuyant sur les études d’Eurostat.

Par contre, attention à la sortie de crise, prévient Michel Quatrevalet. «Certaines zones géographiques vont repartir avant d’autres, et absorberont nos matières premières secondaires. Notre gisement quittera l’Europe et nous subirons un manque lorsque cela démarrera chez nous» a-t-il mis en garde. «En Europe, la réflexion actuelle est essentiellement réglementaire. Mais il faut aussi une gestion des matières premières secondaires car les déchets représentent la moitié de nos ressources pour les matériaux de base.» Selon les matériaux, la matière recyclée peut en effet représenter entre 6% (pour les plastiques) et 60% (pour le papier) de la matière première commercialisée en France; 40% pour l’acier et le verre, d’après les chiffres de l’Union des industries de recyclage (UIR).

Pour éviter que se profile une crise de la ressource après la crise financière, Michel Quatrevalet préconise de relancer la réflexion autour de l’écologie industrielle, ou économie circulaire. Une position défendue également par Isabelle Boccon-Gibod, de l’UIR: «Nous devons donner du sens à l’échelle géographique et développer les capacités industrielles afin de sécuriser le système, c’est-à-dire garantir la continuité du traitement», a-t-elle demandé.

6 réactions

danielle laumont | 09/11/2009 - 16H22

La pollution et le gaspillage ont de beaux jours devant eux! Tout est bon pourremettre sur letapis l'incinération des déchets...ce procédé a poutant montré des exemples depollution encore récents; Le développement durable dont tout le monde se gargarise voudrait que l'on ne considère plus les déchets comme des problèmes mais comme des produits ,des ressources..la crise a bon dos¨pas seulement pour les déchets!

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Luc COUBARD | 04/11/2009 - 09H56

Tri mecano biologique Voir cette adresse http://www.la-cen.org/spip.php?article567

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Pierrotb | 03/11/2009 - 16H43

Trimécanobiologique Qu'est ce que c'est que ce procédé? Peu-on avoir des précisions, un lien?

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Girou Martine | 02/11/2009 - 20H16

dechets utisation autre voilà pourquoi ici (Vendée et ailleurs aussi) les déchets finiront non pas en biogaz trop compliqué! non pas en enfouissement: interdit mais en épandage après passage en trimécanobiologique: triés criblées mélangés à des déchets verts, il seront mis en compostage ( avec tous leurs polluants toxiques) épandus au pieds des cultures et consommés par nous..Le cycle parfait..bien sûr il arrivera bien un moment où on en mourra de ces poisons additionnés..mais le système est assez ingénieux - n'est ce pas !..pauvres enfants qui vont ingérer tout cela si nous ne faisons rien !

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AGIE de SELSATEN Joseph Ultain | 02/11/2009 - 17H30

Gérons donc ! Il est évident que la CHINE et la péninsule INDO-PAKISTANaise se relanceront plus vite que l'EUR ; il conviendra donc de mesurer ces impacts sur nos industries et de différer certains recyclages pour éviter de se faire pomper ses propres matières premières . MAIS c'est en AMONT de la chaine , dans le chapitre "prévention" qu'il faut agir HIC et NUNC ... s'il vous plait Messieurs les gouvernants ... Bonne communication svp J.AGIE

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collas christian | 02/11/2009 - 17H20

énergie des déchets il est regrettable de laisser les Associations de continuer à enseigner la collecte sélective des matières recyclables. L'enquéte Adéme et SVDU (Etude Localconsult-SVDU), sur l'énergie des déchets ménagers en France,annonce "2020: pourquoi se priver de l'énergie de l'incinération des déchets" Il est vrai que les Régions nazairienne et guérandaise envisagent de transporter par barges 75% de leurs ordures pour les exporter vers les incinérateurs nantais. Avec la collecte sélective des matières recyclables, le déchet ultime restant ne peut être incinéré ayant perdu sa part combustible, et comme il devient impossible de trouver des sites pour y créer des Centres d'Enfouissement Technique, comme par hazard, il reste donc que l'incinération régler le problème des déchets... donc mon Association ne parlera plus de recyclage pour le moment, en attendant la fin de la crise....

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