Une convention des maires à la française

Le 20 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Denis Baupin est vice-président d'Energie Cités.
Denis Baupin est vice-président d'Energie Cités.

En 2009, l’association Energie Cités lançait la Convention des maires : un réseau de collectivités européennes s’engageant à réduire de 20 % leurs émissions de GES. Sous l’impulsion de Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, vient d’être inaugurée une déclinaison tricolore de ladite convention. Il nous explique pourquoi.

 

Deux ans après son lancement, où en est la Convention des maires ?

C’est un succès inattendu. Plus de 2.100 collectivités européennes se sont engagées à respecter les objectifs du paquet Energie-climat, c’est-à-dire à abaisser de 20 % en 10 ans leurs émissions de gaz à effet de serre.

Ce succès nous a incité, pour plus d’efficacité, à nous organiser en réseaux décentralisés, d’où la création de la succursale française.

 

Quels sont ses objectifs ?

D’abord, fédérer les expériences de la centaine de collectivités françaises adhérant à la Convention des maires et, éventuellement, les assister. Ensuite, se poser comme un interlocuteur des pouvoirs publics.

 

Sur la problématique des plans Climat-énergie territoriaux ?

Bien sûr, car nous avons notre mot à dire avant que ne soient publiés les décrets sur ce sujet. Mais ce n’est pas le seul thème sur lequel nous voulons intervenir. Nous sommes très attentifs, par exemple, à la question des tarifs d’achat de l’électricité produite avec des énergies renouvelables. Beaucoup de villes mettent en place une politique de promotion du photovoltaïque, notamment. Or le moratoire gouvernemental nous inquiète.

 

Pour quelles raisons ?

Le déploiement du photovoltaïque représente une pièce importante de la stratégie climatique de certaines collectivités. Si les règles du jeu changent, cela peut nuire à l’efficacité du plan initialement conçu. A Paris, les promoteurs du futur éco-quartier des Batignolles devront installer du photovoltaïque sur leurs bâtiments. Mais tant que les règles ne sont pas fixées, nous ne pouvons établir les baux, ce qui bloque pour le moment toute cette opération d’urbanisme.

 

Sur ce délicat dossier du photovoltaïque, que comptez-vous faire ?

C’est en cours de réflexion. Nous allons peut-être publier une déclaration commune sur les énergies renouvelables, lors des Assises de l’énergie, qui se déroulent à Grenoble la semaine prochaine.

 

Cette convention des maires à la française ne va-t-elle pas concurrencer l’action d’autres associations de collectivités ?

Ce n’est pas du tout l’idée. Nous allons travailler en partenariat avec les associations qui le voudront, comme l’association des maires des grandes villes de France.

 

La Commission européenne voit-elle d’un bon œil l’émergence de ces réseaux locaux spécialisés ?

C’est une révolution pour elle d’être en lien direct avec des collectivités locales. Mais cela n’est pas pour lui déplaire car de nouveaux réseaux, sur d’autres thématiques, sont en gestation. Par ailleurs, nous essayons d’attirer dans la Convention des maires des collectivités des pays voisins de l’Union européenne, que ce soit à l’est ou au sud. Et cela concourt à donner une nouvelle dynamique à la démocratie dans ces pays où l’idée est très récente. Les collectivités voient leur rôle s’affirmer face au pouvoir politique central. C’est très nouveau pour elles. Et cela va au-delà de la seule question climatique.



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