Une conférence des ambassadeurs très climatique

Le 25 août 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Laurence Tubiana a esquissé le contexte des négociations.
Laurence Tubiana a esquissé le contexte des négociations.

Situation inédite. Ce lundi 25 août, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères d’un gouvernement démissionnaire, recevait les ambassadeurs de France pour leur conférence annuelle. Comme on l’a vu parfois, ces dernières années, le climat fut au cœur de l’une tables rondes, ouvertes (c’est une première !) à un public, majoritairement recruté dans les grandes écoles et les universités franciliennes.

Lontain consensus

Une heure durant, trois grands témoins ont esquissé le contexte et les contours de la négociation climatique en cours. Etrennant encore sa fonction d’ambassadrice au climat, Laurence Tubiana a rappelé l’objectif poursuivi par la diplomatie tricolore. «Il faut que nous forgions un consensus acceptable pour nous permettre de réduire de moitié les émissions de carbone d’ici 2050. Actuellement, nous en sommes encore très loin», concède la fondatrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Ambitieux, l’accord qui devra être conclu à Paris fin 2015 devra faire preuve d’originalité. «Il devra être un accord entre gouvernements, mais aussi associer les autorités locales, les entreprises et les ONG.»

Petit espoir chinois

Anciennement en poste en Chine, Sylvie-Agnès Bermann a apporté une petite lueur d’espoir à l’auditoire. Certes, a souligné la toute nouvelle ambassadrice de France au Royaume-Uni, l’Empire du milieu est le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. Mais Pékin a décidé depuis peu de prendre la problématique climatique à bras le corps. «Longtemps, la Chine a considéré que, pays en développement, elle pourrait continuer à polluer et que la protection de l’environnement interviendrait plus tard. Aujourd’hui, sous l’impulsion de la société civile, le changement climatique est devenu une priorité, que l’on retrouve notamment dans les projets de coopération.» Des projets qui portent sur la construction d’éco-quartiers, voire de villes durables.

l'agenda indien

Son collègue François Richier n’a pas fait montre du même enthousiasme. Ambassadeur de France en Inde, ce spécialiste des questions stratégiques a rappelé que la taille de la population mise à part, «l’Inde, ce n’est pas la Chine. L’enjeu, c’est d’avoir un peu d’électricité, un toit et de quoi se déplacer», poursuit l’ancien membre de la cellule diplomatique du président Sarkozy. Pour autant, si New Delhi reste inflexible dans les négociations, le changement climatique n’y fait pas débat. «Le gouvernement et la partie informée de la population ne sous-estiment pas le changement climatique et ses effets. Le problème, ce sont les objectifs et le calendrier contraints. La clé, estime-t-il, c’est la production d’électricité qui croit fortement et dont les deux tiers sont produits avec du charbon.»

bientôt, un squelette

Pauvre en scoops, la conférence des ambassadeurs aura été l’occasion de poser quelques jalons utiles pour le suivi des prochaines tractations. Le «squelette» de l’accord devra être constitué au plus tard en mai 2015, a ainsi indiqué Laurence Tubiana. De même, le Fonds vert devrait enfin être capitalisé d’une dizaine de milliards de dollars, d’ici la conférence Climat de Lima, à la fin de cette année.

que faire des réfugiés?

Questionnée au sujet des réfugiés climatiques, la représentante spéciale de Laurent Fabius pour la conférence Climat a indiqué que les «juristes se penchent sur la question d’un statut». Ce qui n’empêchera pas la tenue d’un débat international sur le relogement des populations chassées par la montée du niveau de l’océan ou par les événements extrêmes. Un sujet déjà traité, en interne, par certains pays. «En Inde et en Chine, ce phénomène a déjà débuté. Il est à l’origine de l’accélération de l’urbanisation sauvage. En Inde, il y a déjà 300 millions d’urbains, ils seront deux fois plus nombreux en 2030», conclut François Richier.

 



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