Une chimie verte pas si verte que ça

Le 07 novembre 2005 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
belle image qu on ne comprend pas
belle image qu on ne comprend pas

Une étude scientifique italienne remet en cause l'intérêt environnemental d'utiliser certains types de liquides ioniques, une famille de molécules utilisée dans la chimie verte.

Un article scientifique publié dans le numéro de novembre de Green chemistry montre que certains liquides ioniques s'avèrent hautement toxiques pour les poissons. Des expériences de chercheurs de l'université de Pise (Italie) ont en effet montré que l'exposition de poissons zèbres (danio rerio) à de faibles quantités de liquides ioniques (anioniques et cationiques) entraîne un gonflement de leurs branchies. Ce qui peut impliquer des problèmes respiratoires. Les scientifiques ont également observé un comportement étrange (inactivité, nage irrégulière) pour des poissons exposés à certains liquides dont la concentration ne dépassait pas 10 milligrammes par litre d'eau (mg/l). Pour d'autres substances, la moitié des poissons est mort à une concentration de 6 mg/l d'eau. Une concentration plus basse que pour certains solvants classiques (méthanol, dichlorométhane, acétonitrile, aniline et triéthylamine) que les liquides ioniques sont supposés remplacer dans les prochaines années.

Or, jusqu'ici, ces derniers étaient considérés comme une alternative intéressante d'un point de vue environnemental. Ils ont en effet un pouvoir solvant équivalent aux substances utilisées à l'heure actuelle, mais émettent beaucoup moins de composés organiques volatiles (COV) nocifs pour l'environnement et la santé, du fait d'une faible volatilité. De plus, ces nouvelles substances ont une pression de vapeur très basse et ne sont pas inflammables. Les industries de la chimie et de la pharmacie notamment se disent donc particulièrement intéressées par ces nouvelles molécules qui pourraient contribuer à développer la «chimie verte», c'est-à-dire des processus qui n'utilisent ni ne dégagent de polluants.

Seule bonne nouvelle: ce ne sont pas l'ensemble des liquides ioniques qui serait concerné. Si des recherches supplémentaires sont nécessaires, l'étude italienne pointe déjà le rôle des sels d'ammonium, particulièrement toxiques pour les poissons. Les chercheurs doivent également évaluer le risque, lié non seulement à la dangerosité même du produit, mais aussi à la probabilité de sa présence dans l'environnement. Une probabilité restreinte du fait de la faible volatilité des liquides ioniques, mais qui va forcément augmenter lorsqu'ils seront produits à échelle industrielle.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus